L’histoire du château de Versailles, depuis Louis XIV jusqu’à nos jours.
En 1953, après des années de « mise à l’écart » de la production française et malgré le beau succès de La Poison, l’auteur acteur réalisateur Sacha Guitry revenait sur le devant de la scène avec cette fastueuse production destinée à redonner du prestige au Château de Versailles, un des trésors de notre patrimoine. Il mêle ainsi dans son récit, couvrant plus de deux siècles (XVII et XVIIIe), la Grande Histoire de France et la « petite Histoire » et faits bien connus des personnages ayant été liés de près ou de loin au fameux bâtiment. Avec une obsession: le dialogue. On le connaissait très spirituel quand il débattait sur les relations hommes/femmes, le mariage et l’adultère, on le découvre ici conteur hors pair des intrigues autour du Roi Soleil, de la Montespan ou de la Pompadour, sans oublier Colbert, D’Artagnan ou Marie Antoinette. Du coup, il relate évidemment l’Affaire des Poisons, celle du Collier de la Reine (qui allait précipiter sa perte), les destinées sentimentales des monarques successifs. Comme souvent chez Guitry (hormis dans son chef d’oeuvre Le Roman d’un tricheur), la mise en scène se niche dans les oripeaux d’un style théâtral assumé (Guitry fut d’abord un homme des planches) et n’évite pas un académisme parfois pesant, heureusement amélioré par la qualité de l’écriture. L’auteur fait preuve d’une élégance et d’un soin particulier à composer des tableaux plaisants à admirer, à tourner les pages d’un livre dont on prend plaisir à revoir les moments clefs (pour la majorité appris dans notre enfance à l’école).
C’est aussi bien sûr l’occasion pour lui de diriger une cohorte de vedettes: impossible dès lors de les citer tous, mais l’on peut tout de même applaudir plus nettement Jean Marais en Louis XV, Gérard Philipe en D’Artagnan, Orson Welles en Franklin, Claudette Colbert en Montespan, Micheline Presle en Pompadour, Bourvil en gardien de musée, Jean Louis Barrault en Fénelon, Pauline Carton en La Voisin, Lana Marconi en Marie Antoinette, etc, etc… On y croise également Edith Piaf chantant à tue tête « Ca Ira Ca Ira », l’hymne de la Révolution de 1789, Brigitte Bardot et son minois de 18 ans à peine, Gaby Morlay, Charles Vanel, Jean Pierre Aumont, Daniel Gélin, Pierre Larquey et Guitry lui même en Louis XIV! Si Versailles m’était conté remit eh selle le « paria de la Libération » grâce à cette distribution royale, son montage très découpé, son ironie mordante (notamment sur l’échafaud) et ses quasiment trois heures de grand spectacle!
ANNEE DE PRODUCTION 1954.



