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LE SANG DES AUTRES

Hélène Bertrand est styliste dans le Paris d’avant guerre. Un beau jour, elle tombe amoureuse de Jean Blomart, un résistant communiste. Elle est prête à tout pour lui et leur amour, mais Jean est mobilisé pour aller combattre dès que la guerre commence, puis fait prisonnier. Hélène rencontre bientôt le Général Bergman, un officier allemand qui tombe sous son charme. Elle en profite pour qu’il intervienne dans la libération de Jean…

La période de l’Occupation allemande a servi de toile de fond de plusieurs films dans la carrière de Claude Chabrol: parmi les meilleurs, Une Affaire de Femmes et l’Oeil de Vichy, le moyen Ligne de Démarcation et enfin Le Sang des autres qui est une adaptation directe du roman (pas son plus fameux d’ailleurs) de Simone De Beauvoir. Sous la forme d’une coproduction franco canadienne, le film bénéficie certes d’un budget très conséquent avec reconstitution précise du Paris de 1939/1942, des tas de figurants, un casting cinq étoiles et un traitement digne d’une saga américaine. Mais, car il y a un mais: Chabrol parait ligoté par tous ces aspects fastueux qui ne ressemblent guère à son cinéma habituel et il n’est pas parvenu à imposer une mise en scène suffisamment solide pour raconter cette histoire d’une jeune fille tiraillée entre les enjeux politiques de la Résistance et la responsabilité de ses actes, commis uniquement par amour. Toute la première partie qui dure quasiment une heure, s’avère la plus mauvaise avec un récit schématique limite ennuyeux, une image terne, un style ronflant. Par contre, la seconde partie mérite davantage de considération, non seulement parce que l’action y est plus prenante, les enjeux mieux posés, les thèmes (l’engagement, le pacifisme, le sacrifice) apportent du poids à l’ensemble. Chabrol peut en outre manier un peu de suspense, à la manière de son maitre Hitchcock, ce qui alimente la narration et l’enrichit.

Ce déséquilibre donne presque la sensation de regarder deux films différents et le rend évidemment bien inégal. En jeune héroïne amoureuse obstinée, Jodie Foster possède déjà la science d’un jeu fort maitrisé, bien avant sa belle carrière hollywoodienne. Ses partenaires comme Michael Ontkean, Lambert Wilson, Stéphane Audran, Marie Bunel, Jean François Balmer, Alexandra Stewart endossent les rôles secondaires sans démériter. A noter la présence de Sam Neil (récemment disparu) dans la peau de l’officier SS qui démontre son aptitude à jouer des personnages ambigus ou carrément antipathiques. Loin d’être aussi catastrophique que sa réputation ne l’a trop dit, Le Sang des Autres pourrait être qualifié de « film malade »: on y trouve en effet des choses indignes de son auteur (l’académisme lourdingue) et d’autres à sauver indéniablement. Donc pas de quoi crier au navet non plus!

ANNEE DE PRODUCTION 1984.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Pas aussi mauvais qu'on pourrait croire, cette grosse superproduction souffre d'une réalisation très inégale de Chabrol, pas à son aise. Le scénario aussi convainc à demi. Jodie Foster (en français svp!) tient le rôle central avec déjà un grand talent.

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