GOUROU

Matt est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu’elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s’engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire…

Après avoir brillamment oeuvré dans le thriller parano grâce à ses deux premiers opus, L’Homme Idéal et surtout le très réussi Boite Noire, le réalisateur Yann Gozlan vient mettre son grain de sel dans ce drame psychologique autour de la figure inquiétante d’un jeune coach manipulateur, soupçonné à raison de laver les cerveaux de ses fidèles adeptes, en quête de sens dans leur existence. Gourou montre les mécanismes de l’emprise par l’entremise d’un homme charismatique pétri de complexes mal digérés et d’une haine de soi qu’il déverse dans des discours vides prônant une prétendue « confiance » en un hypothétique bonheur. Le script glisse petit à petit vers un thriller sombre à mi parcours, encombré de pas mal d’invraisemblances et surtout la réalisation de Gozlan devient dès lors hyper tape à l’oeil, comme si l’on tombait tout à coup dans le genre horrifique. La hantise de la réussite, le refus de s’avouer perdant, l’envie de se dépasser (mais pour en venir exactement où au final?): ces thèmes sont bien sûr intégrés à l’intrigue sans pour autant être suffisamment creusés. Gourou frise souvent le « too much » afin de dénoncer notre époque anxiogène pour tout et rien dans laquelle les troubles psychiques et les états dépressifs connaissent un pic quasi jamais vu. Quand la folie s’empare du personnage principal et qu’il ne contrôle au fond plus grand chose, même plus sa roublardise, Gourou contient alors des moments prenants, Gozlan considérant qu’il peut aller jusqu’au bout de son propos pessimiste.

Pour leur troisième collaboration après L’Homme Idéal et Boite Noire, Yann Gozlan dirige encore Pierre Niney, cette fois dans un personnage limite dangereux par les mots, la fureur qui l’habite, obsédé par un arrivisme dévorant. Il s’éclate visiblement beaucoup, sans toutefois s’embarrasser d’y ajouter des petites nuances, il incarne ainsi ce gourou dénué de toute ambiguité. A ses côtés, le toujours très convaincant Anthony Bajon en jeune homme fissuré de partout et détruit par le poids d’une désillusion insupportable. Moins enthousiasmant, le jeu de Marion Barbeau se limite à deux expressions (le doute tenace et les larmes faciles). Gozlan ne parvient pas à happer notre attention comme avec Boite Noire et sombre un peu dans la facilité et la répétition.

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Parano, excessif et invraisemblable, ce thriller dramatique de l'auteur de Boite Noire pointe du doigt les dérives sectaires. Assez décevant malgré Pierre Niney azimuté (presque trop!).

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