ADIEU POULET

A Rouen, en pleine campagne électorale, le commissaire Verjeat et son adjoint Lefèvre mènent l’enquête sur la mort d’un colleur d’affiches. Elle les conduit à Pierre Lardatte, homme politique influent : s’attaquer à lui pourrait signifier la fin de leur carrière.

Adieu Poulet s’inscrit tout à fait dans le cinéma français qui mêlait intrigue policière et magouilles politiques chez Boisset ou Cayatte notamment. Pierre Granier Deferre fait équipe avec Francis Veber au scénario pour tisser un script assez solidement ficelé dans lequel on assiste autant aux ambiguités des moeurs provinciales (le film se déroule à Rouen) qu’à la description d’une police qui se déchire entre flics zélés, hiérarchie inflexible, magistrat pointilleux. Le réalisateur du Chat n’évite pas toujours un certain manichéisme avec son système politique de « tous pourris » face à l’intégrité d’un commissaire bien décidé à mener son enquête jusqu’au bout (malgré les bâtons dans les roues), cependant l’intérêt du film réside aussi dans le couple de policiers (l’un aguerri et l’autre jeune chien fou) confrontés aux hautes sphères de l’Etat. Adieu Poulet montre deux générations de flics parfois avec humour, toujours avec justesse sans oublier de l’action, une course poursuite et des dialogues ciselés. Granier Deferre ne craint pas de dénoncer la corruption, les petits arrangements entre notables et truands dans cette France giscardienne, s’inspirant d’un fait divers survenu à Puteaux quelques années plus tôt dans lequel un colleur d’affiches socialiste avait été tué par les partisans du maire en place.

En tête d’affiche, Lino Ventura, sortant d’un échec public et critique avec La Cage (aussi réalisé par Granier Deferre) compose un personnage de commissaire expérimenté et presque blasé face à Patrick Dewaere en associé impulsif et encore jeune dans le métier. Une opposition superbement rendue par les deux comédiens au jeu finalement complémentaire, venant d’univers différents et faisant un peu le pont entre le cinéma du samedi soir et celui plus pointu des auteurs. Le reste de la distribution voit briller des noms comme Julien Guiomar, Claude Rich, Françoise Brion ou Victor Lanoux en politique véreux. L’ensemble tient sur une petite heure et demie, n’ennuie jamais, bref sans atteindre des sommets, ce bon film assure tout à fait sa mission en nous procurant un plaisir renouvelé à chaque vision.

ANNEE DE PRODUCTION 1975.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

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