AGENT TROUBLE

Un beau matin d’hiver, un autocar transportant des vacanciers tombe dans un lac des Pyrénées. Bilan: cinquante morts. Il ne s’agit pas d’un banal accident de la route, c’est une affaire commandée « d’en haut » au nom de la sécurité nationale. Victorien, témoin de l’accident, en profite pour détrousser les cadavres. Il comprend vite qu’il est tombé sur une grosse affaire et tente de trouver les instigateurs pour les faire chanter. Mal lui en prend, il est aussitôt supprimé. Sa tante, Amanda Weber, la quarantaine fringante, décide d’enquêter sur la mort de son neveu…

Sorti des très jolis succès de A mort l’arbitre et du Miraculé, deux de ses meilleurs opus, Jean Pierre Mocky s’empare d’un roman noir de Malcom Bosse intitulé L’homme qui aimait les zoos pour en faire un polar classique à l’intrigue un peu nébuleuse. Empruntant des chemins de traverse insolites, Agent Trouble (portant bien son titre) déroule un script étrange, à la lisière du fantastique, sans se départir d’un humour mordant comme Mocky en a l’usage. En toile de fond, une dénonciation politique d’une affaire d’Etat qui a mal tourné dérivant ainsi sur une enquête menée par une femme bien décidée à « faire le boulot » de la police. Comparé à d’autres films de l’auteur de Solo, Agent Trouble se distingue par un travail soigné sur la photographie (aux accents crépusculaires), sur les décors naturels de montagnes enneigées, et cette tentative de marcher sur les plates bandes d’un cinéma proche de Boisset a plutôt pas mal d’atouts pour séduire. Sans doute peut on regretter que la promesse de « grand complot » qui s’annonce en début de film se dilue progressivement vers un final un peu bâclé et où l’on n’obtient pas forcément toutes les réponses voulues. Sur un rythme désinvolte (la marque de fabrique du cinéaste), ce long métrage indolent fonctionne également par une distribution de première classe.

Perruque rousse bouclée, lunettes sur le nez et sapée comme une vieille fille, Catherine Deneuve joue un contre emploi idéal, cassant son image de blonde glaciale, et son débit « mitraillette » comme le qualifie Rappeneau trouve là un écrin propice. Entourée de Richard Bohringer (inquiétant alors qu’il débite des blagues douteuses à longueur de film), de Dominique Lavanant en touriste chaude comme la braise, de Sylvie Joly en colocataire bonne copine, et de Tom Novembre (assez falot) en neveu à la langue trop bien pendue. Notons aussi dans l’un de ses premiers rôles, Kristin Scott Thomas, campant une bien jolie prostituée. Rusée et cocasse à la fois, cette comédie policière compte parmi les bonnes réussites de Mocky à conseiller.

ANNEE DE PRODUCTION 1987.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un faux film policier avec des accents de comédie: du pain béni pour Mocky ici inspiré. Catherine Deneuve campe une vieille fille maligne avec délectation. A voir!

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