ALPHA

Alpha, 13 ans, est une adolescente agitée qui vit seule avec sa mère médecin. Leur monde s’écroule le jour où elle rentre de l’école avec un tatouage sur le bras et où l’oncle d’Alpha est atteint d’une étrange maladie…

Après deux long métrages aussi audacieux qu’originaux et primés à la hauteur de leur réussite (Grave et surtout Titane auréolé de sa Palme d’Or), la réalisatrice Julia Ducournau fait son retour après quatre ans d’absence et il est faible de dire combien Alpha était attendu au tournant. Sans doute est ce pour cela aussi que la déception ressentie en le découvrant soit si démesurée? Car, au fond, le vrai problème majeur de ce troisième opus se niche dans le plus important: son histoire! Bien sûr, en proposant une parabole sur l’épidémie de SIDA (sans la nommer) et sur les ravages causés par le virus, Julia Ducournau choisit un axe dramatique fort et pose clairement ses thématiques: la contamination, la peur de cette dernière, le rejet de ceux qui en sont atteints et dans une moindre mesure l’addiction. Une fois installé, le propos ne trouve jamais d’enjeux à se mettre sous la dent, de structure solide pour décoller et au bout d’à peine trente minutes, le récit fait du surplace, condamné à dépérir de lui même comme les pauvres victimes de ce mal mystérieux. De ci de là, on retrouve l’amour du cinéma de genre, sa complaisance à montrer des corps abimés et décharnés, mais contrairement à un Cronenberg, la représentation semble ici bien stérile et sans réel fondement. Pour pallier le vide de son traitement et de son écriture pauvre, la cinéaste se « cache » derrière l’utilisation exagérée et pénible de musique, mal placée, à tort et à travers. De même, quand elle essaie de traiter de l’amour puissant qui cohabite dans ce noyau familial (entre le frère et la soeur, entre la mère et sa fille), le film bascule dans les facilités d’un mélo maladroit.

Reste dans le lot de petites choses à sauver: des idées timides de mise en scène, un joli final donnant l’impression de se trouver dans un décor naturel hors du temps, indéfinissable, où la mort jusque là omniprésente dans les esprits et en sous texte, rattrape inexorablement ses protagonistes avec un retour à la poussière dont on sentait au cours de l’intrigue qu’elle allait avoir une importance. Quant au casting, il n’est pas non plus homogène: la jeune Melissa Boros sur lequel la majorité des scènes reposent a un jeu assez monocorde finalement, Golshifteh Farahani aussi ne déploie pas forcément toute la palette dont elle est capable. Par contre, Tahar Rahim, métamorphosé, lesté de plus de vingt kilos, assure une prestation méritoire qui va au delà du simple exploit physique. Pas loin d’être un faux pas, Alpha ne nous empêchera pas pour autant de suivre encore les prochains longs métrages de Julia Ducournau qui, espérons le, retrouvera son style en meilleur état dans un avenir proche.

ANNEE DE PRODUCTION 2025.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un script mal écrit endommage grandement ce 3e opus de Julia Ducournau, beaucoup moins adroite à se démarquer comme elle l'avait fait avec Titane. Ses acteurs ne sont pas au top, sauf Tahar Rahim méconnaissable et investi. Grosse déception.

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