AMES LIBRES

Jan, jeune femme majeure vit seule avec son père, Stephen, un grand avocat miné par l’alcoolisme. Le père et la fille sont extrêmement attachés l’un à l’autre. Stephen a élevé sa fille dans un esprit de liberté, partant du principe qu’elle doit faire ses expériences elle-même et en tirer les leçons, ce genre de comportement place Stephen et Jan en porte à faux vis-à-vis du reste de leur famille. Un jour, Stephen défend la cause d’un homme, Wilford, accusé d’un crime. Jan n’est pas indifférente à Wilford…

Réalisateur surtout resté connu pour avoir fait souvent tourner Greta Garbo, Clarence Brown a mené une carrière assez longue débutée sous l’ère du muet et couvrant ensuite les trois décennies suivantes. Ces Ames Libres se situe juste un an après l’arrivée du parlant et s’avère un film étonnant sur le parcours d’une femme en totale opposition avec les poulettes dociles et très linéaires que le cinéma américain nous servait à la pelle. Soit Jan, jeune fille moderne, refusant obstinément d’épouser qui que ce soit, dégoûtée à l’idée de mener une vie conjugale réglée comme du papier à musique, et demeurant ainsi farouchement indépendante. Son lien profond avec son père alcoolique est largement décrit dans une première partie assez osée en pleine période de Prohibition, puis elle s’amourache d’un gangster brutal en qui elle va un temps croire en un avenir radieux. Brown passe de la comédie amère au drame, en un quart de seconde, dans une mise en scène appliquée qui s’autorise surtout à mettre en valeur cette figure féminine déconcertante. Ensuite, dans le dernier tiers, le scénario se vautre un peu trop dans le mélodrame pleurnichard, ce qui nuit un peu à l’ensemble, avouons le! Ames Libres semble en tout cas avoir été pensé et écrit pour la vedette de l’époque, Norma Shearer, quasiment de tous les plans.

Elle passe par tous les états, dominant d’assez haut la distribution, confirmant après son Oscar de La Divorcée qu’elle a tous les atouts en main pour prétendre au titre d’actrice la plus « hype » d’Hollywood, un peu avant l’arrivée des Jean Harlow, Joan Crawford etc… A ses côtés, le « cast » masculin ne manque pas de panache: Leslie Howard campe l’amoureux sacrifié avec une droiture comparable à celle de L’Emprise face à Bette Davis. Clark Gable écope du rôle du gangster détestable et macho, à des années lumière de sa classe en Rhett Butler. Quant à Lionel Barrymore, il joue le père presque constamment ivre en appuyant ses effets (c’est pourtant lui qui obtiendra l’Oscar!). Même imparfait et pas totalement abouti, cet opus de la collection Forbidden Hollywood doit être vu pour son ton décapant et son pied de nez à la censure pas encore rageuse.

ANNEE DE PRODUCTION 1931.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un film surprenant contournant la censure et présentant une femme libre comme l'air dans l'Amérique de la Prohibition. Norma Shearer remarquable dans ce registre face à Lionel Barrymore, surjouant un peu trop l'ivresse.

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