Le docteur Norman Spencer et sa femme Claire habitent une somptueuse résidence sur les berges d’un lac de la Nouvelle-Angleterre. Tout va pour le mieux mais Claire se sent seule. Sa fille est partie à l’université et son mari consacre tout son temps à ses recherches. Elle entend un jour gémir et pleurer sa nouvelle voisine, Mme Feur, et tente de prendre contact avec elle. Mais elle se heurte à M. Feur, qui la reçoit froidement. Peu après, elle constate des phénomènes paranormaux dans sa maison…
Après le blockbuster de science fiction culte (Retour vers le futur), la comédie horrifique (La Mort vous va si bien) et le récit d’aventures (Forrest Gump), le réalisateur Robert Zemeckis aborde le genre du thriller fantastique. Apparences cultive son mystère pendant un bon moment avant de décoller vraiment (la toute première heure expose les personnages et fait naître une ambiance de maison hantée). Zemeckis se sert de références écrasantes et notamment de gros emprunts à Hitchcock avec des séquences rappelant fortement Fenêtre sur Cour et surtout Psychose. Une sorte d’hommage qui ne serait pas un problème si le reste du film était « personnel » et réellement inspiré: or, Zemeckis hésite constamment entre thriller étrange et film de fantômes effrayants. Le cul entre deux chaises, il nous balade pendant 2h10 au gré de rebondissements « énormes » et assez outranciers. Bien sûr, quelques passages sortent du lot, mais globalement l’intrigue poussive se traîne quelque peu.
Joli couple glamour peu employé dans ce type de rôles, Michelle Pfeiffer et Harrison Ford sont la caution positive d »Apparences. Très belle et bonne comédienne, Pfeiffer joue conscieusement son rôle d’épouse tantôt effrayée, fragile, trahie et Ford révèle un double visage avec une placidité exemplaire. Malgré de grosses ficelles et une durée excessive, cette incursion dans le fantastique n’est pas véritablement un ratage pour Zemeckis: il est simplement dommage qu’il n’ai pas cherché à mettre du neuf dans le genre, à faire plus « inédit ».
ANNEE DE PRODUCTION 2000



