BOXES

Un bord de mer en Bretagne: Anna, cinquante ans, anglaise, emménage dans sa nouvelle maison. Les pièces sont envahies de cartons renfermant milles et un objets de son passé, comme autant de souvenirs… Au fur et à mesure qu’Anna s’en empare, sa mémoire ravive tous les êtres chers de sa vie: ses parents, ses maris, ses trois filles…

Chanteuse, actrice, icône, Jane Birkin, notre Jane nationale que l’on a adopté depuis son arrivée d’Angleterre à la fin des années 60, devait fatalement un jour passer derrière la caméra et réaliser une autofiction « de son point de vue », tant sa vie privée et public fut riche et nourrie de moments à la fois gais et tristes. Jane a donc écrit un scénario où elle convoque tous les fantômes de jadis, ceux qui ne cessent de la hanter: sa mère, à la vocation d’actrice contrariée, son père (qu’elle adorait), Gainsbourg bien sûr avec qui elle prolonge le dialogue par delà la mort. Et puis il y a les vivants cachés dans des recoins qui ne demandent qu’à exister et à exprimer leur ressenti sur elle: ses trois filles de trois pères différents. De fous rires en larmes amères, la confession parait souvent impudique et gonflée, complaisante diront certains: Boxes réveille le passé, tente d’apaiser les douleurs d’antan, soigne les plaies de l’âme de Jane B par les mots qui ne cessent d’être posés. Profusion de dialogues et de face à face dans lequel le spectateur peine par moments à trouver sa place: le récit décousu autour de ses démons tant aimés nous échappe comme l’eau qui coule entre les doigts. Et toutefois, certaines séquences font naitre une authentique émotion (celles qui, criantes de vérité, où Jane privilégie la pudeur à l’étalage sentimental). L’autobiographie sans limites est un exercice périlleux, car il peut vite tourner en rond et Jane évite soigneusement de verser dans un trop plein lourd à digérer.

Jouant évidemment son propre rôle, elle s’est entouré d’un beau casting dans lequel on reconnait Michel Piccoli jouant son père revenu d’entre les morts, Geraldine Chaplin en maman avec qui régler certaines questions laissées en suspens, Maurice Bénichou en Gainsbourg lucide sur leur relation et leur séparation (un cataclysme sans égal dans leur vie respective). Natacha Régnier joue Kate Berry, Lou Doillon écope du personnage de sa demi soeur Charlotte (curieusement absente du film), une toute jeune Adèle Exarchopoulos étant Lou Doillon gamine. Ces jeux de miroirs et ces correspondances en disent long sur cette artiste complète écorchée vive et à la nostalgie fortement imprégnée. Ajoutons au casting John Hurt, Tcheky Karyo et Annie Girardot, déjà plus vraiment elle même (ultime apparition pour elle). Imparfaites, ces boites s’ouvrent et se referment en laissant sortir des instants de vérité foncièrement touchante.

ANNEE DE PRODUCTION 2007.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un film très (trop) personnel que Jane Birkin livre clefs en main et personnages majeurs de sa vie passée. Parfois "à côté", quelquefois pile pour capter notre émotion. Imparfait, mais à voir.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Un film très (trop) personnel que Jane Birkin livre clefs en main et personnages majeurs de sa vie passée. Parfois "à côté", quelquefois pile pour capter notre émotion. Imparfait, mais à voir. BOXES