Une équipe de journalistes composée de trois hommes et une femme se rend dans la jungle amazonienne à la recherche de vrais cannibales. Bientôt, la troupe ne donne plus aucun signe de vie. Le gouvernement américain décide alors d’envoyer une équipe de secours sur place. Celle-ci retrouve, grâce à une tribu amazonienne, les cassettes vidéos de la première équipe, qui renferme le terrible secret de leur disparition…
Ancien assistant réalisateur de noms prestigieux comme Corbucci ou Rossellini, l’italien Ruggero Deodato décida de passer derrière la caméra à son tour à la fin de la décennie 60, mais devient surtout très connu avec ce Cannibal Holocaust en 1980. Il opère la synthèse entre trois genres: la bande d’aventures exotiques située dans la jungle amazonienne, le film d’horreur pur et le « pseudo documentaire » dans la lignée des « mondo films ». Le principe étant de raconter à travers des images « volées » retrouvées le périple de trois journalistes disparus et sûrement massacrés par une tribu cannibale lors d’une expédition. Prétexte à montrer les pires horreurs (amputation, viol, castration, etc…), Cannibal Holocaust « marche » sur le dispositif du « film dans le film » pour renforcer l’aspect réaliste voulu par Deodato. D’ailleurs, de véritables sacrifices animaliers furent exécutés face caméra (une tortue dépecée, des rats égorgés, un cochon abattu, etc…), ce qui peut laisser un goût plus qu’amer au spectateur et qui déclencha à sa sortie la fureur des ligues de défense animales. Les images de mutilations humaines sont d’une crudité rare et surtout donnent vraiment l’impression de véracité, donc dérange et choque d’autant plus. Scénaristiquement parlant pourtant, le film est pauvre et mal foutu, naviguant maladroitement entre des séquences tournées à New York et d’autres se déroulant dans la jungle, comme pour souligner de manière peu subtile le fossé entre civilisation et sauvagerie.
Victime de nombreuses coupures et censuré dans certains pays, Cannibal Holocaust a alimenté son mythe de « snuff movie » réel en relayant l’information que Deodato a été obligé de se justifier devant les tribunaux pour prouver que les scènes finales de torture et cannibalisme étaient bien le résultat (très convaincant) d’effets spéciaux remarquablement réussis. Deodato a acquis dès lors une réputation sulfureuse sans jamais sortir du circuit limité du cinéma Bis et ses films suivants ne pourront pas égaler le « choc » produit par ce coup d’essai terrifiant. Pour qui se délecte du gore, Cannibal Holocaust aura certainement un intérêt, pour les autres ce sera de la curiosité malsaine! Maintenant, subsiste une question: une oeuvre controversée constitue t’elle forcément un bon film??
ANNEE DE PRODUCTION 1980.



