CINGLEE

Claudia Draper, call girl, est accusée du meurtre d’un client, alors qu’elle était en état de légitime défense. En attendant le jugement, ses parents font tout pour la faire diagnostiquer comme déséquilibrée pour lui éviter d’être reconnue coupable. L’avocat Aaron Levinsky s’occupe de l’affaire à contrecoeur et tente de la faire passer pour une prostituée lunatique…

Dans le cinéma américain, le film de « procès » est un genre en soi tant il a été traité depuis des décennies et a donné d’ailleurs souvent de merveilleuses réussites (Témoin à Charge, Autopsie d’un meurtre, etc…). L’auteur du Prête Nom, Martin Ritt, collabore avec Barbra Streisand pour ce film « policier » à suspense, où il va falloir déterminer la culpabilité ou l’innocence d’une prostituée accusée d’un meurtre avec préméditation sur un de ses clients. Si l’intrigue parait relativement balisée dès le départ, les questions pertinentes sur la dignité humaine et les clichés démontés par le récit apparaissent comme le vrai moteur du propos: comment rentrer dans la psyché d’une femme à priori instable et mentalement dérangée et tenter de comprendre les raisons de son attitude, l’origine de ses fêlures? A coup d’expertises psychiatriques, d’interrogatoires, l’héroïne Claudia et son passé (tortueux) est disséqué au peigne fin d’une justice en quête de vérité. Cinglée se présente comme un huis clos quasi théâtral, les personnages ne possèdent pas tous une subtilité dans leur description, la charge mélodramatique entre la mère et la fille manque de retenue: pour autant, le film soulève des problèmes très actuels comme la violence faite aux femmes, les abus sexuels, la sauvagerie masculine et en ça, Ritt se démarque dans une décennie 80 machiste, où le mâle dominant avait presque toujours le beau rôle.

A l’initiative du projet  Barbra Streisand donc, productrice et actrice célébrée pour ses doubles « casquettes » depuis Yentl, se taille la part de la lionne en furie pour démontrer ses aptitudes dramatiques et sans doute remporter un Oscar. En vain. Elle ne décrochera pas la statuette, même si elle ne démérite pas du tout dans la peau de cette call girl déchainée, meurtrie par une enfance brisée, elle parvient sans mal à émouvoir dans son long numéro d’autodéfense. A ses côtés, Richard Dreyfuss reste suffisamment en retrait dans le rôle de son avocat pour ne pas lui faire trop d’ombre. Ses autres partenaires (Eli Wallach, Karl Malden, Maureen Stapelton) mènent aussi la danse avec perspicacité. En bout de course, Cinglée se laisse suivre avec plaisir, sans se hisser au sommet.

ANNEE DE PRODUCTION 1988.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Honnête film de procès, moyennement réalisé par Martin Ritt: Barbra Streisand vampirise à peu près tout et tous.

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