César poursuit Pompée jusqu’en Egypte où le jeune souverain, Ptolémée fait exécuter le fugitif. Ecartée du trône d’Egypte par son frère, Cléopâtre demande de l’aide à César pour accéder au pouvoir. Celui ci accepte et succombe à ses charmes. Il lui donne un fils, Césarion. De retour à Rome, César est assassiné par sa cour de traitres…
Que reste t’il d’un des films historiques hollywoodiens les plus connus, en dehors de tous les scandales et multiples commentaires qui en parasitèrent souvent sa création? Cléopâtre fut bien sûr un des plus gros budgets alloués à une production pour l’époque (début de sixties), le théâtre des amours tonitruantes entre ses deux acteurs vedette (Liz Taylor et Richard Burton), le dépassement de durée de tournage de plusieurs mois et un vrai casse tête pour le réalisateur, le pourtant aguerri Joseph L. Mankiewicz, qui se vit contraint de mener à bien ce projet dantesque en satisfaisant la Fox et en essayant d’en faire une oeuvre toute personnelle. Une fois qu’on a réduit le film à tous ces aspects véridiques, a t’on parlé du contenu? Car Cléopâtre, au delà de son gigantisme, offre le récit des amours de la reine d’Egypte et de César dans un premier temps, puis sa passion pour Marc Antoine qu’elle rejoindra dans la mort. Au milieu de ces intrigues sentimentales, se trouve bien entendu des thèmes aussi variés que le pouvoir, la conquête de territoires, les guerres entre Rome et l’Egypte, et surtout une vision fascinante du choc de deux civilisations, de deux peuples. Mankiewicz, immense réalisateur de Soudain l’Eté dernier et Eve, inclut son amour des mots, son penchant pour le théâtre, son accointance pour les affrontements humains, les tourments du coeur. Par l’ampleur de son sujet, ce péplum se démarque également par des décors majestueux (l’entrée de la reine dans Rome est un moment anthologique), des costumes de toute beauté, faisant même oublier l’emploi de transparences et de cartons pâtes qui n’empêchent pas de trouver l’esthétique hyper travaillée. Par de subtiles profondeurs de champ, Mankiewicz fait non seulement exister ses personnages, mais englobe aussi l’intimisme voulu, pour mieux cerner les états d’âmes de chacun.
Tout entier porté par Elisabeth Taylor, à la beauté impressionnante, Cléopâtre bénéficie du charisme de la star et de son jeu devenu de plus en plus pointu depuis La Chatte sur un toit brulant. Richard Burton, son amoureux à la ville, incarne Marc Antoine avec la force qui caractérisait ses prestations et de manière très shakespearienne , impliqué dans son rôle de conquérant. Quant à Rex Harrison, il compose un César plus vrai que nature. On peut toujours reprocher quelques « faiblesses », notamment la durée excessive de plus de quatre heures n’évitant pas certaines longueurs, le côté clinquant de la superproduction qui « veut en mettre plein la vue »: pour autant, Cléopâtre emporte notre adhésion par son étincelant portrait de femme, sa stature monumentale et même ses excès finissent par devenir emballants.
ANNEE DE PRODUCTION 1963.



