CRIMES DU COEUR

Les soeurs Magrath ont mauvaise réputation depuis le suicide de leur mère dû aux incartades de leur père. Meg, la rebelle, est devenue une chanteuse « ratée », Babe, l’éternelle femme enfant a épousé un sale type avec lequel elle n’est pas heureuse et enfin Lenny, la moins gâtée par la nature, joue la garde malade de leur grand père tyrannique. Séparées depuis des mois, elles se retrouvent dans la maison familiale lorsque Babe vient d’être inculpée pour avoir tiré un coup de revolver sur son mari…

A l’instar de Tennessee Williams, immense dramaturge américain, Beth Henley écrit des pièces de théâtre dans lesquelles elle se penche sur des personnages féminins névrosés et au passé chargé de traumatismes. Crimes du Coeur est justement l’adaptation d’une de ses pièces par le cinéaste australien Bruce Beresford qui se distinguera surtout deux ans plus tard avec le joli Miss Daisy et son chauffeur. Respectant scrupuleusement le texte original, il en oublie quelque peu sa mise en scène et se borne à surtout mettre l’accent sur son trio féminin. L’histoire de ses trois soeurs donne lieu à une comédie dramatique dans laquelle on a d’abord du mal à rentrer, qui nous gagne peu à peu, entre humour et émotion, terreau idéal pour des dialogues assez bien écrits. L’air de rien, le récit nous délivre des bribes d’explication sur le comportement excessivement introverti de Lenny, sur la rébellion de Babe contre son statut conjugal compliqué et sur la folie douce de Meg, la plus « déstructurée » de la famille, rappelant que l’enfance et le passé déterminent immanquablement nos vies d’adultes. Ce qui pourrait verser dans le gros mélodrame qui tâche se transforme finalement en agréable divertissement sans prétentions et sans… grande ambition en terme de réalisation. L’important est ailleurs…

Dans l’interprétation bien sûr! On a un réel plaisir à voir jouer trois comédiennes que l’on suit depuis les années 70, afficher une complicité de jeu évidente et justifiant l’intérêt pris à ces Crimes du Coeur. Tout d’abord Diane Keaton, irrésistible de fraicheur et de naturel, à la fois proche de ses performances chez Allen et éloignée par ses aptitudes dans la « gravité », puis Jessica Lange, aussi belle que talentueuse et enfin Sissy Spacek alias Carrie écopant d’un rôle de femme mal mariée qui lui va comme un gant. Leurs fous rires communs et leurs peines de coeur nous font croire à leur lien de soeurs et font passer la pilule sur les manquements flagrants de Beresford.

ANNEE DE PRODUCTION 1987.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une pièce de théâtre assez chargée en sentiments aboutit à une adaptation plutôt moyenne par Beresford, peu à l'aise. Le véritable bonheur, c'est la réunion de Keaton, Lange et Spacek. Pour elles donc!

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