Découverte près du corps de son amant décédé, Simone, une prostituée est inculpée. Son avocat commis d’office, Maitre Laubré, mène son enquête et découvre des faits troublants concernant Ravier, la victime. Ses recherches le mettent sur la piste de Cristiiani, candidat aux élections législatives. Laubré apprend aussi que Ravier était un indic politique, lui même impliqué dans un assassinat non élucidé…
Ancienne monteuse pour Godard, Melville et d’autres, Nadine Trintignant passe derrière la caméra à la fin des années 60 et livre un cinéma intimiste, comme par exemple le drame Ca n’arrive qu’aux autres contant la mort prématurée d’un bébé de neuf mois et le processus de deuil des parents. Avec Défense de savoir, elle s’essaye au cinéma politique, très en vogue avec les films de Boisset, Cayatte dénonçant souvent des scandales réels ou fictionnels, les relations troubles entre puissants, les mensonges d’Etat mis à jour. S’ouvrant sur une citation de Shakespeare « Le monde entier est une scène, hommes et femmes, tous, n’y sont que des acteurs, chacun fait ses entrées, chacun fait ses sorties, et notre vie durant, nous jouons plusieurs rôles », le film interroge sur les notions de duplicité, de faux semblants, et bien sûr de vérité par l’entremise d’un scénario plutôt prenant d’Alain Corneau et dévoilant peu à peu les enjeux d’une sombre affaire de manipulation entre des colleurs d’affiches et un candidat politique. Nadine Trintignant ne parvient pas malheureusement à apporter la tension nécessaire à l’intrigue policière, la plombant de dialogues signifiants et de confrontations laborieuses, faute à une mise en scène encore hésitante. Et puis, surtout, dans le genre magouilles au plus haut sommet de l’Etat, le cinoche français nous a offert beaucoup plus solide (Z, L’attentat, I comme Icare..)
Reste à souligner la qualité de la distribution, élément hautement appréciable de ce quatrième long métrage de Nadine Trintignant: elle confie le rôle principal à Jean Louis Trintignant, parfait en avocat acharné, l’entoure de pointures de l’époque comme Charles Denner, Michel Bouquet, Pierre Santini. Une des petites protégées de Godard et Rivette, Juliet Berto, y tient un rôle secondaire assez étoffé et enfin la présence de Marie Trintignant, 11 ans à peine, déjà fort dégourdie et étonnante de maturité campant une fillette plus essentielle à l’action qu’elle n’y parait. Pas déshonorant, Défense de savoir peut justifier à la rigueur de s’y plonger quand on aime les acteurs ou pour découvrir une oeuvre restée longtemps invisible jusqu’à sa sortie récente sur support numérique.
ANNEE DE PRODUCTION 1973.



