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DEMAIN EST UN AUTRE JOUR

Clifford Groves est fabricant de jouets, las de sa routine et se sentant peu apprécié de sa femme et de ses enfants. Un jour, il retrouve Norma Vail, une femme qui l’a jadis aimé et commence à repenser sa vie toute entière. Cependant, son fils soupçonne qu’il pourrait y avoir plus que de l’amitié entre Cliff et Norma…

Maitre du mélodrame flamboyant, Douglas Sirk ne partagea pas ce titre envié avec beaucoup d’autres auteurs à Hollywood et durant la décennie 50, il livra de magnifiques opus tels que La Ronde de L’Aube, Tout ce que le ciel permet ou le sublime Mirage de la Vie. Toutefois, il fut aussi en charge de films plus modestes, traitant des sentiments amoureux de façon plus « feutrée ». C’est le cas de ce Demain est un autre jour. Décrivant l’existence maritale devenue bien morne d’un quarantenaire ne parvenant pas à raviver « la flamme » avec son épouse (trop occupée à l’éducation de leur trois enfants), le film met le doigt sur les conventions sociales tenaces du foyer américain, la morale bien pensante, et souligne l’ennui qui peut advenir après une union de plus de vingt ans. Là dessus, une ancienne amoureuse est de retour en ville et bien sûr l’homme marié sent qu’une nouvelle vie pourrait être possible. Sirk ne charge pas la mule du « pathos », au contraire le désir y est traité subtilement, les tourments du coeur évoqués par allusions et l’émotion vient plutôt des non dits que de grandes déclarations romantiques. Mise en scène élégante, noir et blanc doux, récit un peu lancinant pour un résultat certes moins admirable que d’habitude, mais qui touche tout de même par son caractère universel. Le cinéaste triture le passé, déconstruit la banalité du quotidien er le mythe de l’American Way Of Life.

Cette chronique sentimentale permet de reformer le couple légendaire d‘Assurance sur la Mort de Billy Wilder: Fred Mac Murray et Barbara Stanwyck. Avec dix ans de plus et cette fois sous les traits d’un duo aussi « impossible » que classieux. En épouse rangée et ancrée dans les habitudes du mariage, Joan Bennett leur donne la réplique, ayant perdu un peu de sa superbe depuis ses grands rôles chez Fritz Lang. L’analogie entre Cliff et le jouet robot qu’il commercialise affirme avec éloquence que l’homme se sent pris au piège dans une relation mécanique sclérosée et a l’impression de cumuler les espoirs déçus. Et la fausse happy end, dans laquelle la famille retrouve sa « stabilité », rappelle combien Sirk ne craignait pas d’injecter une véritable amertume dans ses romances contrariées.

ANNEE DE PRODUCTION 1955.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un Douglas Sirk un peu mineur, moins flamboyant que d'ordinaire. Un fond amer est toutefois appréciable pour un mélo. Fred Mac Murray et Barbara Stanwyck réunis pour la seconde fois.

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