Romane décide d’adapter pour le cinéma le livre de Clémentine Autain consacré à sa mère. Ce projet va l’obliger à se confronter à son passé et à sa propre mère qui l’a abandonnée quand elle avait neuf mois.
L’actrice Romane Bohringer était passé derrière la caméra en 2018 pour la première fois en racontant son histoire de couple avec Philippe Rebot, L’Amour Flou. Pour sa seconde réalisation, elle s’empare du beau roman de Clémentine Autain, Dites lui que je l’aime, récit autobiographique sur sa mère défaillante Dominique Laffin, actrice disparue prématurément à 33 ans. Romane panse ainsi ses blessures d’enfant abandonnée en évoquant en parallèle la trajectoire brisée de sa propre mère, Marguerite Bourry, qui a cessé de l’élever quand elle avait seulement 9 mois. Par le biais d’images d’archives, de photos jaunies retrouvées, de photos sorties des tiroirs, elle convoque les fantômes du passé, se sert des témoignages qu’elle a soigneusement répertoriés, renoue un lien très fort avec cette maman partie trop tôt et surtout livre un travail de mémoire. Surtout documentaire, Dites lui que je l’aime inclut aussi des bribes de fiction qui n’empêche jamais l’incursion dans l’intimité, maniant la pudeur en permanence. Le film rappelle l »importance capitale de connaître ses origines, de qui et d’où l’on vient, de comment notre éducation se construit, quelle place on accorde à nos plaies d’autrefois, jusqu’à quel point elles nous handicapent parfois pour avancer. Sous la forme d’une enquête ressuscitant ces deux mères disparues, Romane Bohringer filme aussi bien son fils sous les traits d’un détective privé façon Hercule Poirot avec un humour ludique et même son père, Richard Bohringer, pour lire un texte bouleversant sur l’absente.
Ce cri d’amour pour toutes les mamans du monde a pour vocation évidente de parler de transmission, de liens invisibles entre passé et présent et la démarche hasardeuse d’adapter en images le récit si personnel de Clémentine Autain trouve finalement un écrin idéal avec la sincérité indéniable de Romane Bohringer. Ainsi nait une émotion profonde au cours de la projection…qui ne nous quitte pas ensuite, nous hantant même longtemps aprés le mot FIN.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



