Schultz, un chasseur de primes allemand, se lie d’amitié avec Django, un esclave noir, dans l’Amérique de 1858, deux ans avant la guerre de Sécession. Django voudrait retrouver sa femme prisonnière d’un domaine nommé Candyland et tenu par son propriétaire, l’infâme Calvin Candle, régnant sur sa plantation. Ce dernier est en outre secondé par son domestique noir perfide, Stephen.
Après deux chefs d’oeuvres consécutifs (Kill Bill, Inglorious Basterds), le terrible Quentin Tarantino avait la lourde tâche de se surpasser encore et de renouveler sa maestria, tant au niveau de l’écriture que de la mise en scène. Il eut alors la riche idée de s’attaquer à un genre encore inédit pour lui et qui a nourrit sa cinéphilie: le western spaghetti! Et réalise du coup un remake à sa manière du Django de Corbucci. Plaçant son intrigue dans les Etats Unis ségrégationnistes, il s’en donne à coeur joie avec des dialogues de haute volée, des séquences exaltantes de fusillades hallucinantes, de violence décomplexée, des moments anthologiques, de l’hémoglobine et une vision de l’esclavage décapante! L’auteur de Pulp Fiction manie l’ironie, la « cool attitude » comme ses personnages de chasseurs de primes manient le colt et la dynamite et une chose est certaine: ça défouraille sec et à qui mieux mieux!! Sous les apparats du western se niche en fait une comédie ravageuse sur la soit disant suprématie blanche, ridiculisant le Ku Klux Klan comme personne, et remettant les Noirs en héros conquérant et vengeur. Bourré d’humour, Django Unchained éblouit par une maitrise impressionnante du langage cinématographique, convoquant aussi bien la BD, le cartoon, la parodie. Au pire peut on réprouver une durée un poil exagérée de 2H40, même si chez lui on ne risque jamais de sombrer dans l’ennui.
Régal aussi d’admirer un quatuor d’acteurs au talent explosif: Jamie Foxx campe un esclave libéré de ses chaines et décidé à récupérer sa moitié au prix de dizaines de têtes à couper, Christoph Waltz réitère son exploit de Inglorious Basterds avec un personnage haut en couleurs de médecin itinérant qu’il vaut mieux ne pas trop titiller. Leonardo Di Caprio est impérial dans un de ses rôles d’odieux esclavagiste du Sud et enfin Samuel L. Jackson s’amuse visiblement beaucoup à camper un fourbe domestique aussi vil que son maitre. Tarantino n’aime rien tant que ne rien prendre au sérieux, recycle les conventions du genre, affiche un sadisme dans les massacres de masse, et opte pour un feu d’artifice géant, visuellement ébouriffant, qui redonne tout son sens au mot génie!
ANNEE DE PRODUCTION 2012.



