Un jeune homme est blessé par un tir de Flash-Ball lors des manifestations liées au mouvement des Gilets jaunes. Stéphanie, enquêtrice à l’Inspection générale de la Police nationale, est chargée d’en déterminer les responsabilités.
Trois ans après le formidable La Nuit du 12, le réalisateur Dominik Moll propose cette fois une enquête policière de l’IGPN sur des soupçons de violences policières durant une manifestation des Gilets Jaunes en Décembre 2018. Et de nouveau, Moll impressionne par une écriture acérée, remarquable d’intelligence, d’une mise en scène pointue et il réussit surtout à prendre de la hauteur de vue par rapport à son sujet. Ainsi, il refuse tout manichéisme et grâce à la multiplication des points de vue, il apporte une nuance et une profondeur à son traitement. Le récit tente, comme son héroïne, de dénicher une vérité et une seule avec une foule d’éléments qui d’un instant à l’autre nous font douter, nous questionne sur le déroulement des faits (d’autant que la fiction se sert de faits réels à la base). Comme dans l’La Nuit du 12, l’enquêtrice de l’IGPN. met tout en œuvre pour aboutir à une conclusion qu’elle croit la plus juste possible. Dossier 137 parle évidemment aussi du métier de policier au quotidien, de ce qu’ils doivent respecter eux mêmes pour ne pas sortir du cadre de leur fonction., de leur état de fatigue face aux conditions de travail et bien sûr le film pointe les fautes, les dérives de certains fonctionnaires usant de leur autorité. Cette réflexion engagée sur une institution dont on ne peut pas se priver mais qui possède ses zones d’ombre donne lieu a un film prenant, documenté, que l:on suit avec avidité de la première à la dernière image. Mais Dossier 137 captive aussi par sa direction d’acteurs au cordeau et par l’implication totale de son actrice principale.
Emballante, Léa Drucker se fond idéalement dans la peau de cette flic jugeant ses collègues et désireuse de garder le plus de neutralité possible. Elle confirme qu’elle fait définitivement partie de nos plus grandes actrices actuelles. La majorité de ses partenaires sont irréprochables et jouent avec véracité leur partition. Mention particulière à Guslagie Malanda, héroine du puissant Saint Omer, tenant là un rôle capital: celui du témoin qui a tout filmé. Par elle, le film prend une dimension encore plus importante sur la notion de poids des images, ce qu’on en fait, comment on les interprète. Il paraît injuste que Dossier 137 soit reparti bredouille du dernier festival de Cannes tant il est un marqueur fort de notre société fracturée.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



