Kōsuke travaille pour un magazine de mode. Très soucieux de son apparence, il embauche Ryūta comme coach sportif. Au fil des entraînements, une romance s’installe entre les deux hommes. Mais Ryūta décide de mettre brusquement fin à leur relation et disparaît…
Des oeuvres venues du pays du Soleil Levant explorant le thème de l’homosexualité masculine restent plutôt rares et c’est avec un intérêt accru que l’on attendait ce second long métrage du japonais Daishi Matsunaga. Egoist démarre comme une romance gay relativement « classique », entre deux hommes « séparés » cependant par leur milieu social: le premier a « réussi » professionnellement et gagne très confortablement sa vie, le second galère, trime pour faire vivre sa mère malade et se prostitue même. Au fil d’une intrigue que l’on croit voir arriver assez nettement, Egoist prend ensuite des directions multiples et se met en tête de traiter plusieurs sujets à la fois (l’acceptation, l’amour propre, le deuil) et se perd ainsi inutilement durant deux longues heures mal agencées. Matsunaga ne fait en outre pas preuve de finesse dans sa réalisation, très lisse, limite ronflante, se cachant derrière l’aspect fameusement connu de l' »épure japonaise ». Un rythme volontairement lent, des séquences qui durent plus que de raison, ici jusqu’à friser parfois la banalité. Par instants fugaces, l’émotion se fraye un chemin, assez vite anesthésiée par un traitement plan plan digne d’un téléfilm.
Les comédiens, de Hio Miyazawa à Yuko Nakamura, offrent des partitions correctes dans cette chronique que Matsunaga n’a pas voulu orienter que vers un public LGBT, d’où d’ailleurs le virage à 180 degrés pris par le récit en cours de route. On peut toutefois saluer l’audace du réalisateur à avoir su filmer sans voyeurisme et avec une certaine délicatesse les ébats sexuels entre les deux amants, chose très peu courante dans le cinéma nippon réputé pour sa pudeur dans ce domaine. Hormis cette qualité notable et quelques passages touchants, Egoist ressemble à une sitcom de luxe où l’empathie excessive des personnages et surtout une réalisation morne aboutissent à un résultat globalement peu fulgurant.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



