EL

Un riche propriétaire, Francisco, tombe fou amoureux de Gloria, une fidèle, lors d’un office religieux. Il lui fait abandonner son fiancé et l’épouse. L’enfer commence pour elle car il souffre de délire paranoiaque et d’une jalousie maladive qui vont finir par la mettre en danger…

Toute la période « mexicaine » de la carrière de Luis Bunuel n’en finit pas de dévoiler ses pépites et ses oeuvres magistrales, comme les prémices déjà merveilleuses de ses films majeurs à venir dans les années 60/70. El dont le titre français éloquent est Tourments se présente comme un drame psychologique intense, une étude clinique d’un comportement déviant: celui d’un homme fortuné, marié à une femme qu’il semble adorer mais qui développe un sentiment de plus en plus grandissant de jalousie extrême, sans raison ni événements déclencheurs. L’épouse, elle, subit alors une relation d’emprise, incapable de rassurer son mari sur ses sentiments, impuissante devant le déclin mental de ce dernier, de plus en plus convaincu d’être la cible d’une femme infidèle et calculatrice. Bunuel charge de nouveau ses Têtes de Turcs habituelles (l’institution du mariage comme un terreau d’hypocrisie malaisant, la religion comme responsable de frustrations, la gent féminine comme menace indirecte sur le psychisme masculin). El procure un sentiment désagréable devant la désintégration d’un cerveau malade, incapable de se remettre en question et accusant les autres de ses malheurs. On mesure ce que des cinéastes comme Hitchcock (Vertigo surtout lors d’une séquence en haut d’un clocher), Clouzot et son projet inachevé sur la jalousie pathologique (L’enfer) et plus tard Chabrol avec sa version de L’Enfer doivent à Bunuel, tant au niveau narratif qu’esthétique.  El est un film de l’enfermement mental, conjugal, infernale virée dans un climat anxiogène installé par strates.

L’acteur mexicain Arturo de Cordova, que l’on avait pu voir dans une version du Comte de Monte Cristo et dans le film hollywoodien Pour qui sonne le glas, incarne cet « amoureux fou » total avec une conviction chevillée au corps. Sa partenaire Delia Garces joue la victime persécutée, craignant de faire voler en éclats ce mariage voué à l’échec. Bunuel décrit une société machiste où la femme reste entièrement assujettie à l’homme, au mari puissant que l’on croit sur parole et que l’on n’envisage pas « dérangé » et se paye la tête des curés (une fois de plus!) avec un anticléricalisme prononcé. Au sommet de sa filmographie, El retrouve la place d’oeuvre de premier ordre qu’elle avait perdu avec les années.

ANNEE DE PRODUCTION 1952.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un très grand Bunuel mexicain sur la dérive pathologique d'un mari maladivement jaloux. Mise en scène au cordeau, récit anxiogène. A voir absolument!

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