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EN CHAIR ET EN OS

Victor, 20 ans, rencontre Elena avec qui il fait l’amour pour la première fois. Désireux de la revoir, il se présente chez elle. Mais Elena attend son dealer et l’envoie promener. L’arrivée inopportune de deux policiers tourne au drame: Victor est injustement accusé d’avoir tiré sur l’un d’entre eux, David, faisant de ce dernier un paraplégique à vie. Libéré quatre ans plus tard de prison, Victor décide de se venger, d’autant qu’entre temps David et Elena sont tombés amoureux et vivent en couple…

Après le mélodrame pur jus de La Fleur de mon secret, Pedro Almodovar se mit en tête de produire un film tiré d’un roman de Ruth Rendell et d’offrir au public un polar noir et torride, où il mettrait bien sûr ses obsessions habituelles pour l’amour, le désir de vengeance, les passions tragiques, les rivalités sentimentales. En Chair et en Os démarre sous la dictature franquiste au début des années 70 et sa structure scénaristique suit la trajectoire de plusieurs personnages que le destin va unir pour le meilleur et surtout pour le pire! Par moments handicapé par des problèmes de rythme, ce long métrage de l’auteur de Talons Aiguilles ne figure certes pas parmi ses plus grandes réussites, pourtant il distille un parfum vénéneux très appréciable, où l’influence de Bunuel se fait clairement sentir (on y voit d’ailleurs un large extrait de La Vie Criminelle d’Archibald de la Cruz), les deux cinéastes espagnols partageant un même sens du récit, une ironie mordante sur les relations humaines, un fort contentieux avec la religion. Prenant pour héros central un jeune beau gosse sorti de taule nourrissant un grand désir de vengeance et décidé à récupérer l’objet de son amour, En Chair et en Os passe progressivement du thriller au mélodrame (genre qu’Almodovar maitrise sur le bout des doigts), agrémenté de sexe, de jalousie maladive et d’obsession incontrôlable. Le sel d’une bonne intrigue qui se termine ensuite une fois que l’Espagne retrouve la démocratie et jouit de son entière liberté.

Sorte d’Antonio Banderas fougueux et tout jeunot, Liberto Rabal se distingue par une beauté sauvage férocement filmée par Almodovar, face à Javier Bardem en flic paraplégique trouvant là un de ses premiers rôles d’importance après Jambon Jambon. Quant aux actrices, la sublime Angela Molina incarne une épouse battue, vingt ans après son éclatante découverte par Bunuel (encore lui!) de Cet Obscur objet du désir, et Pénélope Cruz écope d’une petite participation marquante. Baroque et troublant, cet opus compte dans la filmographie de Senior Pedro comme un bon élément recommandable à voir assurément, avant d’attaquer les oeuvres de la maturité que seront Tout sur ma mère et Parle avec elle.

ANNEE DE PRODUCTION 1997.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un bon Almodovar, entre polar et mélodrame, où les passions dévastatrices mènent à la tragédie. Javier Bardem et LIberto Rabal, sexys en diable, conduisent le casting.

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