Lorsque tous les enfants d’une même classe, à l’exception d’un, disparaissent mystérieusement la même nuit, à la même heure, dans une bourgade américaine faussement tranquille, les habitants cherchent à élucider ce phénomène inexpliqué…
Auteur d’un long métrage remarqué, Barbare, sorti en 2022, le réalisateur Zack Cregger rempile dans le cinéma d’horreur, ou plus exactement dans le fantastique intriguant. Au départ, son scénario joue sur la peur collective d’une petite communauté confrontée à la disparition massive et insoluble d’enfants, entrainant une foule de questions sans réponses et pendant un bon tiers du film, la tension anxiogène garde un cap très intéressant. Cregger cible la société américaine dans ce qu’elle a parfois de cachée, dans ses névroses les plus inavouables, et par des effets subtils parvient à nous capter par sa tonalité originale. Evanouis lorgne du côté de Stephen King, on pense évidemment à Ca notamment, également au Village des Damnés, bref des références assez recommandables. La mise en scène repose sur l’alternance de points de vue de chaque personnage, voyant les événements chacun à leur manière: un procédé narratif que l’on a déjà vu ailleurs et qui finit ici par être rébarbatif, d’autant que le récit pâtine sérieusement en prenant la direction moins attractive de la sorcellerie. Non pas que le thème soit dénué d’intérêt, mais finalement il apporte des réponses presque toutes faites à une intrigue qui aurait mérité de rester opaque. En choisissant de ne plus suggérer, Cregger perd du coup en efficacité et fait sombrer son récit dans quelque chose de presque loufoque (le final délirant à mille lieux de la retenue exemplaire du début gâche un tantinet l’ensemble).
Au casting, Julia Garner et Josh Brolin s’essaient au cinéma de genre, plutôt médiocrement, dans des rôles à moitié développés à cause de sous intrigues trop nombreuses qui finissent par lasser. En Tante Gladys maquillée à la truelle et cachant son double visage, Amy Madigan fait un retour au premier plan plutôt audacieux, surjouant certes mais créant aussi quelques belles frayeurs. Elle a obtenu un Oscar du meilleur second rôle féminin à presque 75 ans! Ce récit choral sur la peur de l’irrationnel, fragmenté en puzzle, promet beaucoup dans son pitch pour ne pas véritablement atteindre ses objectifs en bout de course. Faut voir ce que Cregger nous réserve la fois prochaine.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



