Deux jeunes amoureux se rendent dans la cabane du professeur Knowby, qui a mystérieusement disparu après avoir eu en sa possession quelques pages du livre des morts, redoutable grimoire disparu au XIVe siècle.
Six ans après son coup d’essai mondialement reconnu, Sam Raimi remet le couvert avec la suite de son Evil Dead. Avec un second degré salvateur absent de l’original, ce deuxième film est un hommage cinéphilique criant dans lequel il cite Ray Harryhausen, où il mêle la science fiction (Ash, le héros se retrouve plongé dans l’univers du Moyen Age où il combat une armée de morts vivants), et surtout il se lâche dans la délire parodique. Excès de sang, de mutilations en tous genres, tout déborde dans ce chapitre aussi fou que fun reprenant peu ou prou le script du premier: le retour dans la cabane isolée au milieu de bois inquiétants et le réveil d’esprits démoniaques par l’entremise du livre des morts. Sam Raimi utilise les procédés de la « stop motion » alors en vogue (et qui ont, avouons le, pris un méchant coup de vieux), plus confortable dans son budget (alloué par De Laurentis) grâce au succès rencontré par le numéro 1. Avec une virtuosité technique indéniable, il opte pour un rythme trépidant, ne laissant aucun répit, mené à la façon d’un cartoon horrifique à 100/H. Cette fois, le gore devient comique tant il joue la carte de l’outrance, les références à Tex Avery et à Lovecraft composent l’essentiel du métrage. Et le dénouement déjanté avec le changement d’époque confirme la volonté de Raimi de ne plus faire de la simple horreur, mais bel et bien de s’amuser avec le genre, lui faire perdre son aspect trop sérieux.
On retrouve évidemment Bruce Campbell, acteur au faciès changeant, jouant la démence avec une précision redoutable, malmené physiquement de bout en bout et restant le héros culte de cette saga mythique. Au ton carrément d’épouvante d’Evil Dead 1, cette suite répond par une approche opposée, clairement moins sombre, assumant ses délires visuels, et se « moquant » au passage de classiques comme Massacre à la tronçonneuse notamment dans les longues séquences où Ash se défend avec une tronçonneuse vissée sur son bras et débitant les figures maléfiques avec délectation. Sam Raimi a compris que tant qu’à faire un film « jumeau », autant les rendre aussi bien différents.
ANNEE DE PRODUCTION 1987.



