Une bande de huit adolescents, bourrés de talents multiples, suit des cours de danse, de chant, et de jeu à la très célèbre High School of Arts de New York, dans l’espoir d’en sortir avec des contrats, des rôles, du travail! Le travail demandé et les sacrifices y sont d’une dureté impressionnante…
Juste après le choc Midnight Express, le britannique Alan Parker s’est fondu dans le système américain et se met aux commandes de cette comédie musicale juste à l’orée de la décennie 80. Déjà habitué au milieu musical avec son The Wall autour des Pink Floyds, Parker peut laisser libre cours à sa virtuosité technique et à son amour pour les numéros dansés et chantés. Ce sont d’ailleurs en toute logique les meilleurs moments de Fame! Notamment la fameuse séquence centrale où l’on entend le tube qui rendit le film culte, tourné à plusieurs caméras dans les rues mêmes de Manhattan en son direct et avec une troupe de danseurs tous aussi pros les uns que les autres. Hommage à West Side Story sûrement! Clin d’oeil direct également à The Rocky Horror Picture Show lors d’une joyeuse scène de réunion entre tous les protagonistes. Il y en a même trop et cet aspect choral ne sert pas forcément le scénario qui s’éparpille à vouloir traiter la destinée de chacun des membres… au risque de déséquilibrer la narration. Parker s’avère moins doué pour l’intime que pour le collectif. Cette recherche effrénée de gloire et d’aboutissement artistique décrit bien les ambitions de ces jeunes ne vivant que pour leur art, quitte à y perdre leurs illusions. Le film a ouvert la voie à Chorus Line, The Company d’Altman, à la série télévisée High School Musical et plus proche de nous à The Voice (toutes proportions gardées). Composée par Michael Gore, la BO fit presque plus de bruit que le film lui même, devenant un hymne à la jeunesse ambitieuse des années 80.
De tous les acteurs présents au générique (Eddie Barth, Lee Curreri, Laura Dean, Boyd Gaines), personne ne confirmera par la suite les espoirs mis en eux, comme s’ils étaient irrémédiablement associés à Fame et à rien d’autre. Seule, la jolie chanteuse et danseuse Irène Cara, sacrée reine des charts avec le titre éponyme, connaitra quelques heures de célébrité, entre autres avec Flashdance. Fame n’a pas trop pris la patine du temps (si ce n’est dans les looks des protagonistes et certains décors), et l’on se prend à fredonner encore avec entrain les titres de ce musical ancré dans son époque.
ANNEE DE PRODUCTION 1980.



