FILLES UNIQUES

Carole, juge d’instruction, six ans d’études, est un peu rigide et reçoit un beau jour dans son bureau Tina, une voleuse de chaussures récidiviste et un peu fofolle. Elles vont finir par ne plus se quitter et devenir amies, partageant loisirs, confidences, et Tina va même aider Carole dans quelques unes de ses affaires…

En France, quand le cinéma joue la carte du social, il est extrêmement rare d’y trouver des comédies et encore plus d’y voir des personnages aux antipodes entretenir une amitié ou une complicité. Pierre Jolivet, réalisateur inégal, choisit justement d’aller à contre courant et de proposer la réunion de deux femmes à priori calées chacune dans leur monde sans avoir l’espoir de se croiser ou de devenir proches! Filles Uniques part donc d’une rencontre improbable (une juge coincée et une petite délinquante sans instruction) et le moteur de la comédie est lancée… et plutôt sur les chapeaux de roues grâce à des dialogues enlevés, des bons mots faisant souvent mouche, une bonne humeur réelle dépassant les artifices d’un scénario pas révolutionnaire, mais véritablement rafraichissant. Par la souplesse de sa mise en scène et son sens du rythme, Jolivet établit un euphorisant double portrait féminin, deux filles qui auraient pu être des soeurs et qui se complètent dans leurs caractères opposés: de déconnades en petites intrigues prétextes (le mac que Tina est chargée de coincer, le trafic de faux jetons de casinos), le film offre l’essentiel: le divertissement attendu. L’accroche publicitaire prévient: « Les conneries, on les fait ensemble… ou on ne les fait pas! » et les péripéties comiques s’enchainent presque sans fausse note.

Mais soyons honnêtes, la colonne vertébrale de Filles Uniques tient par la double interprétation énergique du duo Sandrine Kiberlain/Sylvie Testud, merveilleusement assorties dans leur jeu punchy. Deux actrices capables de rehausser n’importe quel déficit narratif par leur simple présence. Jolivet n’a presque pas à les diriger, juste à filmer leur folie commune. A leurs côtés, les hommes tentent de se faire une place dans des petits rôles (Vincent Lindon en mari médecin souvent couché, Roschdy Zem en flic dragueur, François Berléand en escroc du jeton de casino). Ce film de copines bien sympathique n’est sans doute pas du « grand » cinéma, toutefois par sa durée modeste (1H20) il n’en fait pas des tonnes et offre à ses comédiennes l’occasion de trouver chaussures à leurs pieds!

ANNEE DE PRODUCTION 2003.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Sur la base d'un scénario léger et parfois facile, Jolivet rehausse le tout par des dialogues travaillés et surtout la complicité visible et pleine de peps de Sandrine Kiberlain et Sylvie Testud. On les adore!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Sur la base d'un scénario léger et parfois facile, Jolivet rehausse le tout par des dialogues travaillés et surtout la complicité visible et pleine de peps de Sandrine Kiberlain et Sylvie Testud. On les adore! FILLES UNIQUES