Fanny Brice, pas très jolie, mais qui a un pouvoir comique réel, devient la star des Ziegfield Folies. Elle rencontre Nicky Arnstein, joueur de poker invétéré, dont elle tombe follement amoureuse. Ils ont une fille ensemble, mais leur idylle prend l’eau quand Nicky a des soucis avec la justice…
Funny Girl est directement issu d’une comédie musicale jouée à Broadway en 1964 et inspirée de la biographie de Fanny Brice, une star comique (peu connue en France) qui a fait les beaux jours de la troupe des Ziegfield Folies et remplit les salles de spectacle. On le sait, à la fin des années 60, le genre du musical à l’écran est passé de mode, les studios ne misent plus aussi gros sur les productions qui furent à leur top avec les Tous en scène, Chantons sous la pluie, etc etc… Curieusement, c’est William Wyler, excellent réalisateur mais novice dans ce type de films qui est aux commandes de Funny Girl : son savoir faire derrière la caméra est donc visible et réel, on sent malgré tout qu’il n’est pas tout à fait à son aise avec les numéros chantés et dansés (bien que corrects, ils n’ont pas la flamboyance des films cités plus haut) et surtout Wyler veut avant toute chose traiter l’histoire d’amour contrariée de ce couple « mal assorti » et en faire un vrai mélodrame. Le cinéaste de Ben Hur plagie presque Une Etoile est Née avec des scènes identiques par moments, certes il s’agit d’un must du genre mais il aurait été plus audacieux de s’en éloigner. En réalité, Funny Girl semble tenir debout par la grâce et la présence de son actrice principale, socle indéboulonnable nommée Barbra Streisand.
La Streisand dans son premier rôle au cinéma et qui accapare tout presque jusqu’à la nausée! Bien sûr, elle chante admirablement bien, elle sait bouger, jouer avec ses expressions faciales et pleure tout aussi facilement. Son numéro lui a valut l’Oscar de la meilleure actrice, ex aequo avec Katharine Hepburn. Cependant, on peut trouver dommage qu’elle cannibalise ainsi tout, du récit à la mise en scène, et laisse à son partenaire Omar Sharif peu de latitude pour briller. Il a de la classe et du charisme, par contre il semble à la ramasse dès qu’il faut pousser la chansonnette. Mention toute spéciale pour le final, lorsque Barbra sort de l’ombre, visage terrassé par le chagrin, entonnant un bouleversant My Man: il faudrait alors avoir un coeur sacrément sec pour ne pas laisser couler quelques larmes.
ANNEE DE PRODUCTION 1968.



