GODZILLA

Au large du Japon, des bateaux de pêches sont détruits par une force inconnue. Il semblerait qu’il s’agisse d’un monstre préhistorique, sorte de tyrannosaure de plus de 50 mètres de haut, ressuscité par l’explosion d’une bombe atomique…

Godzilla reste un des plus grands mythes de la science fiction, quelque part entre un dinosaure issu de l’ère jurassique et un dragon cracheur de feu terrifiant les populations nippones. Son papa d’origine, le réalisateur Inoshiro Honda pose les bases du film de monstre japonais. Il ne se contente pas de signer une oeuvre fantastique, il l’enrichit d’une poésie et surtout d’une profondeur inattendue. En effet, Godzilla est vu comme un symbole de la peur atomique et tout au long du métrage, les allusions aux bombardements de Nagasaki et Hiroshima parsèment le dialogue entre les autorités dépassées, les scientifiques fascinés, le peuple effrayé. Honda cristallise ainsi le traumatisme ancré dans la chair des japonais survivants des attaques américaines, à peine dix ans après. Le charme indéniable de ce premier épisode (qui sera suivi de quelques autres remakes jusqu’à nos jours) réside dans les effets spéciaux relativement sommaires de l’époque ( maquettes, costume de monstre endossé par un acteur que l’on ne verra pas, etc…) Cet artisanat de bric et de broc participe à la légende, même si les générations actuelles le jugeront considérablement vieilli. Film pensé comme un amas de destruction à l’image des oeuvres catastrophes futures des années 70, Godzilla décrit aussi au passage l’impuissance du milieu militaire face à une menace inédite, la raideur des diplomates et la lutte entre savants (ceux qui désirent étudier le phénomène et ceux qui veulent le supprimer coûte que coûte). Bien sûr, on pense inévitablement à King Kong ( notamment dans une séquence grandiose où la créature démolit un train sur une voie ferrée) et à la Guerre des Mondes pour l’aspect « envahisseur à éradiquer ».

Rien de spécial à signaler quant aux acteurs: Takashi Shimura, Momoko Kochi et Akira Takarada n’ont certes pas la densité dramatique des interprètes de Ozu ou Mizoguchi, ils font correctement le job par un jeu rappelant assez l’emphase du muet. Citons le responsable des effets visuels Eiji Tsuburaya et le compositeur Akira Ifukube qui a écrit un thème entêtant et un brin répétitif. Avec le temps, Godzilla est devenu une figure majeure de la pop culture et surtout une vraie saga de films plus ou moins réussis, dont même l’Amérique s’empara en 1997 pour un remake bien sûr impressionnant par ses moyens, mais qui n’égale en rien cet opus originel.

ANNEE DE PRODUCTION 1954.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

La matrice du film de monstres japonais. Honda a su mêler la science fiction aux réalités de son pays marqué à jamais par les bombes atomiques. A voir au moins une fois dans sa vie.

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