HAPPINESS

Les soeurs Jordan mènent la vie d’une famille américaine typique de la banlieue chic du New Jersey et cherchent toujours le bonheur. Joy n’a pas encore rencontré l’homme idéal et Trish, l’ainée, est persuadée de l’avoir trouvé. Quant à Helen, auteur à succès, elle est peu à peu envahie d’une sourde angoisse. Les zones d’ombre de leur vie refont surface et les secrets les plus intolérables éclatent au grand jour…

Avec Bienvenue dans l’âge ingrat, le réalisateur américain Todd Solondz s’était distingué dans le paysage du cinéma indépendant et démontré sa faculté à faire des comédies acides tout en pointant du doigt l’hypocrisie de la société et en démontant les clichés éculés sur la « bonne famille américaine » trop propre sur elle. Avec Happiness, il place le curseur encore plus loin et plus haut et signe une oeuvre tout à la fois méchante, dérangeante et pourtant furieusement drôle. En traçant le portrait de trois soeurs aux existences sentimentales catastrophiques (l’une enchaine les échecs, l’autre cumule les aventures sans trouver un seul homme pour l’aimer sincèrement, et la dernière est marié avec un médecin dont elle ignore qu’il… aime violer les petits copains de leur fils!), Solondz décrit la misère sexuelle et la face sombre des êtres. Féroce, le scénario se permet toutes les audaces, dans le but certes assumé de choquer, et surtout d’amuser avec le malheur des autres et les déviances psychologiques. Sous la forme d’un sitcom, Happiness suit la trajectoire pleine de turpitudes de ces demoiselles que la vie n’épargne pas, avec un humour déjanté et un regard finalement très pointu sur la frustration sexuelle et ses conséquences. Solondz traite même sans détours de pédophilie (thème ô combien scabreux et difficile) avec une observation quasi clinique: il semble frôler la caricature et l’outrance en permanence et parvient cependant à toujours trouver le bon angle dans le traitement.

Le titre, d’une ironie mordante, renvoie à cette injonction de « bonheur » absolu que chaque être humain tente déséspèrement d’atteindre, sans pouvoir y accéder. L’ensemble du casting doit être salué pour ces prestations de haute voltige: Philip Seymour Hoffman en gros obsédé sexuel adepte des coups de fils anonymes, Jane Adams en gentille pauvre fille rongée par le sentiment de culpabilité, Lara Flyn Boyle en nana trop belle et incapable de garder un mec, Ben Gazzara en papy désireux de retrouver son célibat, ou l’excellent Dylan Baker inoubliable en père « bien sous tous rapports » cachant son attirance pour les jeunes ados. Ce film provocateur sur les affres de la classe moyenne américaine va vous faire grincer des dents, rire jaune, en tout cas ne vous laissera pas indifférent.

ANNEE DE PRODUCTION 1999.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Percutant et aussi dérangeant que drôle, ce second long métrage de Todd Solondz confirme son goût pour le trash avec son scénario audacieux et sa réalisation diablement pensée. Distribution au diapason.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Percutant et aussi dérangeant que drôle, ce second long métrage de Todd Solondz confirme son goût pour le trash avec son scénario audacieux et sa réalisation diablement pensée. Distribution au diapason. HAPPINESS