HUMORESQUE

Helen Wright, femme du monde névrotique et alcoolique, jette son dévolu sur le jeune et ambitieux Paul Boray, violoniste virtuose qu’elle repère lors d’une soirée. Il l’aime aussi, mais la musique reste son véritable univers. Elle devient son imprésario et sa maitresse, l’aidant sur la route du succès, mais ne se résout pas à jouer le second rôle dans sa vie…

Le Studio Warner s’est spécialisé dans les portraits de femmes surtout dans les décennies 40 et 50 et a donné de superbes rôles à leurs deux grandes vedettes féminines de l’époque, Bette Davis et Joan Crawford. Humoresque vient tout de suite dans la foulée du Roman de Mildred Pierce, énorme succès critique et public et ayant rapporté l’Oscar à Crawford. Ce pur mélodrame aux accents tragiques conte l’amour contrarié entre une bourgeoise mentalement fragile et un violoniste de génie: séparés par leur milieu social, leurs points de vue différents sur la vie, leurs âges aussi, les amants vont connaitre moults tourments dans leur romance. Soigneusement filmé par Jean Neguslesco, Humoresque accorde une place prédominante à la musique, personnage quasiment à part entière du script: c’est justement la passion pour le violon du jeune héros qui va amener les sentiments de chacun à leur paroxysme et à leur destruction. Le film dresse un portrait peu flatteur de la haute société, montrant les gens huppés comme des névrosés égocentriques et se croyant tout permis du moment que leur statut social les préserve. Negulesco a pris Isaac Stern, le plus célèbre des violonistes, pour jouer les partitions de Bach, Beethoven, etc… et doubler John Garfield. Le film traite également du désir d’émancipation d’un homme pour qui son art passe avant tout, sacrifiant son amour à la musique.

Pour exprimer les grandes envolées lyriques de ses personnages, Negulesco dirige un couple à la fois complémentaire et dissemblable: Garfield donc, gueule de boxeur, interprète cet artiste passionné et perfectionniste, peu enclin à se laisser modeler face à Joan Crawford, star jusqu’au bout des ongles, impériale dans la cruauté blessée et tenant là un de ses rôles les plus sombres. Dans la magnifique séquence finale, l’actrice déploie avec son seul visage (très expressif) toute la détresse de la femme amoureuse et perdue, dépassant les outrances mélodramatiques de ce beau film qui aurait gagné en subtilité si le récit ne surlignait pas autant ses intentions.

ANNEE DE PRODUCTION 1946.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Le mélodrame et ses excès sont au service de ce beau film de Negulesco, entièrement hanté par la musique et sublimé par les tandem Garfield/Crawford.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Le mélodrame et ses excès sont au service de ce beau film de Negulesco, entièrement hanté par la musique et sublimé par les tandem Garfield/Crawford. HUMORESQUE