Marie Anne, actrice de théâtre, est victime d’un vol de bijoux la veille de son mariage avec un aristocrate pour lequel elle projette de quitter son métier. Elle suit un des deux cambrioleurs dans sa fuite: il s’agit de Jean, un ancien amoureux qu’elle a connu sept ans auparavant…
L’immédiate après guerre dans le cinéma français fut l’occasion pour certains metteurs en scène de surfer sur le « réalisme poétique » qu’avait si bien incarné les films de Carné ou Duvivier et de conforter l’ambiance sombre, pour ne pas dire nihiliste qui régnait encore. Impasse des Deux Anges en est un des exemples frappants. Ultime long métrage de Maurice Tourneur à qui l’on doit Volpone ou le terrible Val d’Enfer , ce récit mêlé de drame et d’intrigue policière n’a guère laissé de traces dans les mémoires. Et pour cause! Le pitch peine à accrocher notre attention, la mise en scène peu folichonne et l’ensemble hélas très daté. Quelques rares bonnes idées sont à sauver: les séquences en flashbacks et une surimpression des personnages entre le passé et le présent donnent un aspect presque fantomatique. Les dialogues ne manquent pas de mordant, pourtant la sauce a du mal à prendre, soit par des enjeux insuffisants soit par le peu d’envergure de Tourneur. L’histoire du vol de bijoux n’a rien de bien exaltant et seules les retrouvailles entre la jeune héroïne et le truand ténébreux suscite quelque intérêt. Si le film garde un « petit » charme, il faut bien reconnaitre que c’est uniquement par son casting alléchant.
Les deux rôles principaux masculins sont tenus par Paul Meurisse, assez raide en gangster taiseux, et Marcel Herrand, un des inoubliables interprètes des Enfants du Paradis, dont la diction de dandy colle parfaitement à l’aristocrate hautain qu’il incarne. Mais le véritable rayon de soleil provient de Simone Signoret, la vingtaine éclatante, un an avant Manèges d’Allégret et jouant une actrice amoureuse replongée dans son passé. Grâce à sa présence, cette étude sociale médiocre évite de sombrer dans l’anodin et se laisse regarder sans trop de déplaisir. Mieux que rien!
ANNEE DE PRODUCTION 1948.



