IN THE CUT

Professeur de lettres à New York, Frannie vit seule. Elle s’est toujours tenue loin du côté sordide de la ville jusqu’au soir où? dans un bar, elle est le témoin d’une scène intime entre un homme et une femme. Fascinée par l’intensité de l’échange, elle n’a le temps qu’apercevoir le tatouage de l’homme. Elle apprend le lendemain matin qu’un meurtre atroce a été commis au même endroit…

Sortant de sa zone de confort, l’australienne Jane Campion a cédé à la mode des thrillers érotiques, si fréquents dans les années 90, et a fini par en réaliser un, tout en gardant en point d’orgue sa préoccupation principale: le portrait de femme. Ne nous y trompons pas, In The Cut se présente en effet comme un polar poisseux sur les agissements meurtriers d’un inconnu égorgeant et découpant de pauvres filles en morceaux, mais il s’agit avant tout d’une étude de caractère comportementale et psychologique. Frannie, l’héroïne, au centre du récit, assiste à un échange érotique inattendu, ce qui éveille en elle un désir qu’elle n’assumait pas ou en tout cas lui ouvre la voie d’une sexualité qu’elle refoulait. Campion dresse le portrait d’une femme dont le quotidien monotone va être bouleversé par l’irruption du danger (un tueur rôde autour de chez elle) et du besoin charnel (elle est irrésistiblement attirée par le jeune commissaire de police qui enquête). Les deux mélangés vont créer la tension et le suspense du scénario, car très vite comme elle, le spectateur se demande si le beau flic et le redoutable tueur ne sont pas une seule et même personne. Avec une atmosphère qui rappelle le brillant Klute de Pakula (un sommet du genre), In The Cut mêle plans sophistiqués, séquences nocturnes angoissantes, et surtout Campion ose le pari de la « crudité » avec du sexe frontalement filmé (la fellation dans le sous sol du bar notamment).

D’après un roman de Susanna Moore (qui collabore du coup à l’adaptation), In The Cut marque aussi la fracture audacieuse et le « contre emploi » de Meg Ryan, toujours employée dans la comédie romantique souvent sirupeuse, et qui casse cette image lisse avec un certain courage. Campion lui permet en tout cas d’explorer des zones inédites de son jeu d’actrice. Très bien accompagnée par Jennifer Jason Leigh (pour le coup, elle très habituée aux univers glauques) et surtout de Mark Ruffalo, policier sexy en diable. La réalisatrice de La Leçon de Piano a plutôt réussi son incursion dans le polar, en tout cas elle y injecte un style personnel qui évite à In The Cut de ressembler comme deux gouttes d’eau à un vulgaire thriller de série B.

ANNEE DE PRODUCTION 2003.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Jane Campion propose un nouveau portrait de femme dans ce thriller honnête qu'elle réalise avec un certain style. Meg Ryan casse son image et Mark Ruffalo éveille nos sens! Pas si mal!

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