AccueilCritiquesDrameJEAN DE FLORETTE

JEAN DE FLORETTE

Petit et laid, Ugolin, le dernier des Soubeyran, revient du service militaire et retrouve son oncle, le Papet, à qui il dévoile son projet: rester au pays pour cultiver des oeillets. Convaincu que l’affaire peut être rentable, le Papet accepte de financer l’entreprise. Un bossu de la ville, Jean, fait le pari de réussir à la campagne sur la terre laissée en héritage par sa mère, mais c’est précisément cet endroit qu’Ugolin convoite pour mener sa propre affaire.

Jean de Florette est la première partie d’un diptyque entrepris par le producteur et réalisateur Claude Berri, relevant ainsi le défi d’adapter le livre de Marcel Pagnol L’Eau des Collines que l’auteur porta déjà à l’écran au début des années 50. Contant le destin d’un jeune paysan rêvant de faire fortune (même en élaborant un plan machiavélique), le film explore les thèmes de l’avidité et du désir de possession, la passion de la terre, et la méchanceté de ceux qui, par leur mentalité campagnarde, voient d’un très mauvais oeil un homme de la ville s’installer sur ce qu’il considère comme leur « territoire ». Berri montre les intrigues mesquines des paysans contre Florette, travailleur acharné à réussir pour offrir le meilleur à sa femme et sa petite fille, Manon. Le réalisateur de Tchao Pantin décrit le monde paysan avec justesse et humanité, ses perfidies et sa joie de vivre, et transforme le roman d’origine en une tragédie cruelle où l’humour n’a guère de place. Soigneux sur sa reconstitution, ses costumes, méticuleux à rendre justice aux paysages de Provence baignés de soleil, Berri se laisse porter par le texte et n’essaie pas de rendre sa mise en scène très personnelle. C’est sans doute l’unique reproche que l’on puisse lui faire: sa version est belle mais très appliquée, comme un exposé scolaire qui rendrait hommage à l’esprit de Pagnol.

Comme toujours, Berri a eu un flair affuté en confiant le rôle d’Ugolin à Daniel Auteuil, cantonné depuis Les Sous Doués dans le registre de la comédie, et qui déploie ici une palette dramatique insoupçonnée: il passe de la timidité à la jovialité, du conspirateur au voisin à deux visages avec une aisance déconcertante. Un César lui fut attribué en toute logique. Yves Montand endosse le personnage du Papet, accent méridional bien en bouche, un patriarche totalement convaincant. Enfin, Gérard Depardieu se glisse dans la peau de Florette, lui apportant force, fragilité, blessures, une densité incomparable dans son jeu est atteinte. Film au potentiel énorme, Jean de Florette séduira plus de 7 millions de spectateurs, marquant ainsi le retour d’une certaine Qualité Française tant raillée par la Nouvelle Vague.

ANNEE DE PRODUCTION 1986.

 

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Admirateur de Pagnol, Claude Berri l'adapte dans ce gros projet populaire, rendant justice au texte, au risque d'oublier un peu d'y mettre sa touche personnelle. Interprétation exceptionnelle du trio Auteuil/Montand/Depardieu.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Admirateur de Pagnol, Claude Berri l'adapte dans ce gros projet populaire, rendant justice au texte, au risque d'oublier un peu d'y mettre sa touche personnelle. Interprétation exceptionnelle du trio Auteuil/Montand/Depardieu.JEAN DE FLORETTE