Suite au décès de sa mère, la jeune et fragile Manuela est placée par sa tante dans un pensionnat pour jeunes filles de la noblesse. Cette institution sévère aux méthodes rigides est tenue par une directrice autoritaire et revêche. Heureusement, parmi les professeurs dispensant les cours, une certaine Mlle Von Bernburg, plus conciliante et ouverte, apporte un peu de bien être. Manuela, subjuguée par ce professeur, tombe rapidement amoureuse d’elle. Lors d’un spectacle donné en l’honneur de la directrice, Manuela, exaltée, clame ses sentiments haut et fort…
Au départ, il s’agit d’un roman de Christa Winsloe, qui fut ensuite déjà adapté au cinéma en 1931 et qui donna un très beau film sensible et inhabituel pour l’époque. Le réalisateur hongrois Geza Radvanyi s’acquitte donc de ce remake, situé dans la Prusse du début du XXème siècle, toujours dans un pensionnat très strict de jeunes filles, éduquées à la dure et destinées à devenir de bonnes épouses et des mères aimantes. Les personnages souffrent d’être d’emblée des archétypes: la directrice tyrannique, la nouvelle élève perdue, la petite comique, et la professeur au grand coeur, pourtant grâce au tact et à la pudeur du traitement, on se laisse porter par cette histoire d’amour « pas comme les autres » entre cette adolescente orpheline et celle qui représente pour elle l’idéal féminin et sûrement au passage une mère de substitution. Le sujet fort audacieux fit grincer les dents de ligues conservatrices, alors que le mot de lesbianisme n’est jamais prononcé. Le film se penche avec sensibilité sur l’éveil de l’émoi amoureux, sans mélodrame poussif.
Radvanyi n’est clairement pas un grand metteur en scène et il illustre cette passion platonique plus qu’il ne la transcende, ce qui fait qu’au final, une sagesse englobe l’ensemble. Une sagesse évitant quand même la mièvrerie. A l’affiche, Lilli Palmer campe cette institutrice très belle, pleine d’assurance et de bienveillance et en face d’elle, la toute jeune Romy Schneider, juste sortie de la trilogie des Sissi , et qui fait déjà preuve d’un beau tempérament de grande comédienne en devenir. Jeunes filles en uniforme vaut surtout pour leur duo, malgré les rides dont le film se pare avec le temps.
ANNEE DE PRODUCTION 1958.



