AccueilCritiquesDrameJEZEBEL/ L'INSOUMISE

JEZEBEL/ L’INSOUMISE

Sud des Etats Unis, 1852. Fâchée avec Pres, son fiancé, Julie profite de l’Olympic Ball, un important événement social, pour projeter de l’humilier alors que leur mariage doit y être officiellement annoncé. Les femmes célibataires doivent y apparaitre en blanc, elle viendra en rouge. Les fiançailles sont rompues…

Un an avant Autant En Emporte le Vent, L’Insoumise dépeignait déjà le fort caractère d’une « belle du Sud » en plein milieu de la Guerre de Sécession, dans une Nouvelle Orléans touchée par une épidémie de fièvre jaune. Mais là où Scarlett O’Hara était impétueuse, capricieuse, calculatrice, l’héroïne ici prénommée Julie est une femme fière, amoureuse, bourrée d’orgueil, défiant son fiancé pour « tester » son attachement jusqu’au risque de le perdre. Jezebel (titre original) est assuré par William Wyler, soucieux d’une reconstitution fidèle d’une époque révolue, ne fait bien sûr pas l’impasse sur le thème de l’esclavage, mais situe son récit ailleurs: dans le portrait de femme justement. Il nous gratifie d’une mise en scène somptueuse, notamment dans deux séquences clefs de l’intrigue: le bal où se rend Julie et son fiancé et dans lequel elle passe pour une paria « insoumise » sous prétexte qu’elle a osé endosser une robe de couleur rouge, allant à l’encontre des principes en vigueur, puis dans la fuite vers l’ile misérable, où les lépreux atteints de fièvre jaune sont confinés dans l’attente de la mort. Très beau classique hollywoodien, L’Insoumise fait figure de mélodrame élégamment ciselé, où il est évidemment question des déchirements entre le Nord et le Sud (à travers les deux femmes « rivales » que sont Julie et Amy, l’épouse de Pres), manière de ne pas négliger l’aspect politique du propos.

Première des trois collaborations artistiques entre Wyler et la star absolue de la Warner, Bette Davis, L’Insoumise offre à l’actrice un rôle en or massif où elle peut déployer l’immensité de son registre. Tantôt frondeuse, provocatrice, puis rongée par la jalousie, elle trouve sa rédemption dans un final extrêmement romantique. Son art fut récompensé par un Oscar bien mérité, le second de sa carrière. Il faut la voir jouer la dévastation intérieure de son personnage tout en conservant une expression faciale insondable pour ne plus jamais douter quelle comédienne de génie elle était. Henry Fonda ferait presque pâle figure à ses côtés, ainsi que George Brent, le second « prétendant » et qui sera d’ailleurs un de ses partenaires les plus fréquents à l’avenir. Longtemps jugé à tort comme le brouillon d’Autant en Emporte le Vent, ce film finalement très différent doit absolument être réhabilité.

ANNEE DE PRODUCTION 1938.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Du grand mélodrame signé Wyler déjà en pleine maitrise de ses capacités, sur un récit d'amour contrarié. Bette Davis est simplement fabuleuse: un 2e Oscar lui revint en toute logique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Du grand mélodrame signé Wyler déjà en pleine maitrise de ses capacités, sur un récit d'amour contrarié. Bette Davis est simplement fabuleuse: un 2e Oscar lui revint en toute logique. JEZEBEL/ L'INSOUMISE