JOHNNY GUITAR

Tenancière d’un saloon, Vienna embauche Johnny Logan qu’elle a jadis aimé comme musicien. Ils deviennent les proies des fermiers du coin et surtout d’Emma Small, jalouse de Vienna et de sa relation avec Kid, le héros local… Les ennuis ne font que commencer.

Démontant tous les clichés du western traditionnel, Johnny Guitar conserve une aura et une force intactes par le style baroque qu’il adopte, les couleurs chaudes (le rouge symbolisant la passion et la mort), le récit se muant en tragédie classique. Et derrière la caméra, ce n’est pas précisément n’importe qui! Nicholas Ray, le grand, dirige ce sublime western tel un chant d’amour, traçant la rencontre d’un solitaire et d’une femme rongée par l’amertume. Mise en scène saccadée, plans de toute beauté et un Technicolor somptueux comptent parmi les nombreuses qualités indubitables de cette oeuvre phare du cinéma américain. Partant d’un postulat de départ relativement simpliste (le conflit de territoire entre des fermiers hargneux et une tenancière de saloon intransigeante), Johnny Guitar charrie bien des passions et des amours dévastatrices pour se transformer en mélodrame flamboyant et jamais sirupeux. La chanson titre, entonnée par Peggy Lee, a contribué aussi à faire rentrer le film dans la légende. L’opposition des deux personnages féminins, Vienna et Emma, ouvre sur une lecture très originale pour le genre, d’habitude dominé par les hommes. Enfin, certains ont vu dans la démarche de Ray une allégorie contre le maccarthysme (alors en vigueur avec une hystérie inédite en Amérique) et ce point de vue politique rend le propos encore plus complexe. Ne laissant pas l’action pure de côté, Ray ne perd pas son temps en futilités et offre un spectacle à la fois intelligent, divertissant et tous publics.

En perte de vitesse après l’Oscar obtenu pour Mildred Pierce, Joan Crawford aborde la cinquantaine avec un rôle très fort, une femme de tête, se conduisant comme un bonhomme impitoyable (et tout en conservant le romantisme inhérent à la femme amoureuse du héros). Ses tenues (pantalon, chemise en jean rouge ou jaune) font partie de l’imaginaire cinéphile à jamais. Quant à Sterling Hayden, il oscille entre le « psychopathe » fasciné par les armes et le protecteur de sa dulcinée à qui il ne cesse de dire des mots doux. La méchante Emma est incarnée par Mercedes Mac Cambridge, une actrice au tempérament volcanique, revancharde tout du long, détestant Vienna à un point presque maladif. Enfin, soulignons la fluidité de la narration alliée à une description lyrique du sentiment amoureux, achevant de faire de Johnny Guitar le classique qui n’a, à aucun moment, usurpé son titre de gloire.

ANNEE DE PRODUCTION 1954.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un des plus beaux westerns de la création! Embelli par le génie de Ray à la mise en scène, par des couleurs chaudes et vives et une interprétation légendaire de Joan Crawford et Sterling Hayden. Un must!

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