Menacée de mort, perdue à des kilomètres de toute civilisation, Emily, l’épouse d’un haut fonctionnaire d’Interpol, ne doit son salut qu’à l’intervention de Killian, un homme prêt à tout pour réduire à néant un gang de trafic de drogues. Une véritable guerre s’engage dans laquelle Emily va prendre conscience que même son mari n’est pas le flic incorruptible qu’il prétend être…
Avec ce second long métrage de réalisateur après le catastrophique Les Oiseaux vont mourir au Pérou, l’écrivain Romain Gary persiste et signe dans un domaine décidément pas fait pour lui! Autant ses livres et son style littéraire sont peu contestables, autant son aptitude à diriger un film se révèle totalement impossible. Kill se présente sur le papier comme un thriller violent, un cri de rage contre le fléau mondial de la drogue faisant un peu penser à son ouvrage Chien Blanc, et en bout de course ressemble vaguement à un salmigondis de série B encombrée de tous les clichés du genre: poursuites mal filmées, scènes de sexe ridicules et inutiles, bagarres invraisemblables, action moisie… Kill cumule toutes les tares imaginables: un script indigent qui ne sait pas quoi ni comment traiter son propos, une « mise en scène » grotesque et complètement ratée, et surtout des enjeux dont on saisit mal la teneur. Ce navet aux allures de pastiche de fausse BD se paye en outre le luxe d’être ennuyeux, car il ignore visiblement où il veut aller. On peut à la rigueur percevoir un désir de « film à thèse » dans lequel Gary défendrait à tout crin la lutte contre les trafics de drogue internationaux, mais il n’y met aucun cadre, aucune structure narrative, et fatalement rien ne tient debout!
Il dispose pourtant d’un casting pas précisément « dégueulasse » puisqu’on retrouve Stephen Boyd, ex star de Ben Hur, Curd Jurgens, le légendaire James Mason, acteur incontournable d’Hollywood et en vedette féminine, son épouse et muse Jean Seberg. Hélas, Gary s’évertue à la filmer dans des séquences dégradantes d’érotisme douteux, ne mettant en valeur que sa plastique et reléguant son jeu aux oubliettes. Que cette actrice sensible et prometteuse ait pu se compromettre dans pareille galère reste un insondable mystère! Kill a définitivement enterré les ambitions de Gary en tant que réalisateur !
ANNEE DE PRODUCTION 1972



