KLUTE

Le détective privé John Klute est engagé pour retrouver l’un de ses vieux amis, disparu six mois plus tôt. Son enquête le conduit à New York, dans le milieu glauque des prostituées. il rencontre une certaine Bree Daniels, call girl qui est harcelée par un pervers. Il s’installe dans son immeuble, met son appartement sur écoute, enregistre ses moindres faits et gestes. Des prostituées sont retrouvées assassinées et Bree court un grand danger, alors que dans le même temps, ses liens avec Klute se ressèrent…

Le réalisateur Alan J. Pakula fut un des cinéastes les plus importants de la décennie 70 car il sut prendre le pouls d’une Amérique méfiante, vivant dans une parano constante, après les meurtres de Kennedy et de Martin Luther King, défiant aussi les institutions et ne croyant plus en la politique, comme lors du scandale du Watergate qu’il relatera dans Les Hommes du Président. Avant cela, il ne faisait déjà pas des policiers « classiques », comme en témoigne Klute qui en dehors de son suspense relativement « ordinaire » (autour du thème du maniaque sexuel), préfère proposer une étude de caractères sur un tandem improbable: une call girl et un détective privé. Il joue au chat et à la souris avec eux et le spectateur, décrivant au passage la déchéance urbaine d’un New York oppressant et ténébreux. Avec l’aide d’un magnétophone (objet utilisé fréquemment dans le cinéma à cette époque comme dans les fameux Conversation secrète ou Blow Up), le récit nous apparait limpide avec des bribes d’informations enregistrées et restituées, et même si l’identité du tueur est vite éventée, c’est la dynamique entre les deux protagonistes qui rend ce thriller original et bien mené. Hormis le dernier quart d’heure stressant, le reste du métrage se déroule plutôt sur un rythme lent et avançant par strates.

Klute vaut beaucoup pour son interprétation magistrale: Donald Sutherland, sacré star la même année avec MASH de Altman campe là un détective peu bavard et impénétrable qui use de ses méthodes pour questionner en profondeur la call girl jouée par Jane Fonda. Dans ce rôle, l’actrice livre une de ses plus belles prestations, complexe et évoluant au gré des événements, son vernis de fille endurcie se craquelle pour laisser entrevoir une femme plus craintive et perdue dans ses sentiments. Oscar justifié pour elle! Ce polar pas comme les autres annonce d’une certaine façon le film politique A cause d’un assassinat que Pakula initiera deux ans plus tard et où il est de nouveau question de relations troubles de personnages en quête de sens. Dans ce climat paranoïaque, l’espoir d’un amour naissant se révèle la seule issue positive.

ANNEE DE PRODUCTION 1971.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Très bon policier original et pas seulement basé sur du simple suspense, Pakula s'intéresse à ses personnages en profondeur et donne à Sutherland et surtout Jane Fonda de beaux rôles à défendre. Premier Oscar pour elle!

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