LA BAIE DES ANGES

Jean quitte Paris pour Nice où il compte jouer dans les casinos de la région. Il découvre le jeu et rencontre Jackie, une joueuse invétérée, qui perd et gagne beaucoup d’argent. Entre eux, c’est de suite la passion et la fascination. Est ce l’un pour l’autre , ou pour l’appât du gain? Jean, encore gauche, fait son éducation sentimentale.

Entre Lola et Les Parapluies de Cherbourg, Jacques Demy a écrit et tourné en très peu de temps cette comédie dramatique suivant la trajectoire d’un couple de joueurs unis par le hasard dans leur plongée réaliste dans l’enfer des casinos. Perdre, gagner, rejouer, y croire encore, oublier que la chance peut tourner à tout moment: tout ce processus guide les envies et les désirs de Jean et de Jackie, pris dans un tourbillon de frivolité, de bonheur fugace, de désillusions amères. Dans La Baie des Anges, leur but semble de rester en vie grâce à l’incertitude de leurs lendemains, jouer et rester ensemble coûte que coûte, s’aimer, se disputer et se rabibocher dès que le bon numéro sort de nouveau sur la roulette. Demy opte pour une réalisation élégante, appuyée par un noir et blanc soigné, d’images envoutantes de cette promenade des Anglais baignée de soleil. La sobriété du traitement évoque le cinéma de Bresson, le dialogue en plus car Jackie, l’héroîne exubérante parle beaucoup, exprime sans cesse son sentiment à la fois joyeux et grave de ne plus pouvoir s’arrêter de jouer, d’être « addict » à cette passion. Dans leur errance commune, deux solitudes se conjuguent mais au fond, pour quel amour? Même la fin laisse planer le doute sur l’avenir incertain de cette relation nouée sur de biens fragiles fondations.

Si le héros campé par Claude Mann (totalement oublié maintenant) occupe pas mal l’écran, ce n’est certes pas de lui que l’on garde les souvenirs les plus prégnants. Il y a Jeanne Moreau, divine, blonde peroxydée à la Marilyn, volubile, d’une beauté non classique et pourtant fracassante, incarnant cette femme rongée par le jeu, comme une fuite en avant dans une existence qu’elle ne veut surtout pas maitriser. Sublime dans les toilettes signées Pierre Cardin, elle donne à Demy une image complètement inédite d’elle même, brisant au passage ses austères prestations chez Antonioni ou Losey. Marivaux non plus n’est pas bien loin dans cette ronde d’amour et de hasard. La Baie des Anges justifie bien plusieurs visions pour en saisir les beautés multiples.

ANNEE DE PRODUCTION 1963.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

L'enfer du jeu selon Demy qui allie cette fois la légèreté à la gravité pour raconter cette errance amoureuse dans un Nice joliment filmé. Jeanne Moreau absolument remarquable.

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