En 1876, le capitaine Nathan Brittles doit très bientôt quitter l’armée, sa vraie famille. Avant la retraite, il est chargé de conduire Mm Allshard, la femme du commandant, et Olivia Dandridge, sa nièce, jusqu’au relais de la diligence. Cependant, l’établissement a été pillé par les Indiens. Brittles doit aussitôt rentrer au fort avec les deux femmes…
La Charge Héroique est le second volet de la trilogie créée par John Ford, après les fameux Massacre de Fort Apache et avant Rio Grande. Sonnant comme un vibrant hommage à la cavalerie américaine, ce western humaniste fut tourné dans les décors de Monument Valley (les plus appréciés par Ford pour leurs grandes étendues désertiques écrasées de chaleur, sa terre d’un rouge ocre) et dans un Technicolor absolument magnifique. Le film est une invitation à suivre le quotidien des soldats, sur le qui vive contre les éventuelles attaques d’indiens, nous gratifiant ainsi de courses poursuites à cheval filmées par une caméra alerte et précise. Contrairement à tant d’autres westerns de bas étage, cet opus de Ford ne dépeint pas les indiens comme des sauvages assoiffés de sang et désireux de conquérir des territoires, mais plutôt comme de simples hommes défendant vaillamment leurs terres et leur survie. Avec un soin remarquable apporté à l’esthétique (les cadrages des plans d’ensemble d’une beauté à couper le souffle), La Charge Héroïque a remporté d’ailleurs l’Oscar de la meilleure photographie couleur. La conquête de l’Ouest se trouve au centre du propos dans cette aventure humaine dans laquelle manque curieusement une romance, donnant à l’ensemble un aspect peut être un peu « rigide ».
En tête de cortège, John Ford a placé son acteur fétiche, John Wayne, dans la peau du capitaine à l’aube de la retraite, le vieillissant pour l’occasion de presque vingt ans! La sagesse chevillée au corps, le courage du brave qui connait sa mission sur le bout des doigts, le personnage est tout à la fois attachant et profondément humain, pas du tout un héros que l’on monte au pinacle. En guise de cerise sur un déjà beau gâteau, l’humour se faufile dans certains dialogues et emporte ce classique vers les cieux les plus glorieux de l’oeuvre fordienne. Le seul à avoir parfaitement combiner le style personnel au divertissement grand public, tout en mettant à l’honneur sa nation.
ANNEE DE PRODUCTION 1949.



