LA COMTESSE

Hongrie, XVII e siècle. Depuis qu’elle est veuve, la Comtesse Elizabeth Bathory gère son immense fortune. Aidée de sa confidente, la sorcière Anna Darvulia, elle devient rapidement la femme la plus puissante du pays, crainte et admirée à la fois. Elle tombe éperdument amoureuse d’un jeune homme, Istzvan Thurzo, de vingt ans son cadet. Bientôt, la comtesse, obsédée par l’idée de rester jeune et belle à tout prix, va dériver vers une folie meurtrière tout à fait effrayante…

Actrice française cantonnée à un cinéma exigeant et dirigée par des réalisateurs pointus (Godard, Carax, Tavernier, Kieslowski, etc…), Julie Delpy s’est exilé aux Etats Unis au mi temps des années 90 et passe à la mise en scène en 2002 avec Looking for Jimmy, avant de connaitre un succès remarqué avec Two Days in Paris et son esprit Woody Allen au féminin. Elle prit du coup tout le monde par surprise en proposant cette histoire autour d’une figure historique mal connue chez nous: la comtesse hongroise Bathory, rentrée dans une sinistre légende pour avoir été une meurtrière sanguinaire. Obnubilée par le temps qui passe et souhaitant conserver sa beauté intacte, elle s’injectait ou se nourrissait du sang de très jeunes paysannes abandonnées par leurs familles. Un rite vampirique qu’elle fit subir à des centaines de victimes. Ce refus de vieillir, un sujet finalement très moderne, s’ajoute à une histoire d’amour passionnée entre elle et un jeune homme que la raison d’Etat réprouve et qui la laisse insatisfaite et prête à toutes les atrocités pour se venger. Julie Delpy se saisit du propos avec un courage immense et surtout se dote de plusieurs casquettes: scénariste, réalisatrice, actrice. Et signe un drame sombre sur l’amour absolu et un quasi film d’horreur avec une maitrise glaçante autant que gonflée. Inutile pour elle de tomber dans le gore gratuit, elle s’attache plutôt à dépeindre les zones d’ombre d’une femme complexe, dure et impitoyable autant que hantée par le désir de plaire et d’être aimée. Sa Bathory prend alors les traits d’une héroïne effrayante et terriblement humaine.

Hormis sa très crédible interprétation du personnage, elle s’est offert la contribution de deux acteurs doués pour la seconder: l’allemand Daniel Brühl qui avait été découvert dans Good Bye Lenin et William Hurt en patriarche autoritaire. Des historiens ont mis en doute les crimes dont on accuse cette comtesse, il n’empêche que le film reste fidèle au déroulement supposé des faits, conduisant un récit à la fois macabre et romantique, où la personnalité de cette femme insaisissable continue de nous hanter bien après le mot FIN. Julie Delpy livre une oeuvre étonnante sur la peur viscérale qu’inspire la déchéance physique, le pourrissement des corps et la mort définitive. Et confirme qu’elle possède du talent à revendre.

ANNEE DE PRODUCTION 2009.

 

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

A ce jour, le plus beau film de Julie Delpy: intriguant, cruel, dérangeant et traitant d'une histoire vraie avec courage. Magnifique aussi dans son jeu, elle est bien entourée par Daniel Brûlh et William Hurt. Un film à ne pas manquer.

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