Epouse d’un homme très riche, Cora s’ennuie dans son foyer et prend un amant. Mais son mari la soupçonne et la fait suivre par un détective privé. Les amants fomentent bientôt un plan pour se débarrasser de l’époux gênant et faire passer sa mort en regrettable accident…
Un pitch vieux comme le monde tiré d’une série noire intitulé La Veuve comprenant le mari trompé, la femme infidèle et l’amant manipulateur constitue la matière peu excitante de ce petit film à suspense réalisé par un cinéaste oublié, Jean Jacques Dudrumet, qui sera l’auteur de Dans la gueule du loup. L’intrigue a lieu dans un milieu bourgeois, dans un mariage qui va mal, l’épouse insatisfaite entretenant une liaison extraconjugale que le mari a deviné depuis belle lurette! Si le rythme n’est pas en cause, la mise en scène de Dudrumet varie de la mollesse à l’insignifiance, sans parler du scénario assez peu prenant, hormis dans le dernier quart d’heure avec un petit twist final pas trop mal trouvé. La Corde Raide prend un peu trop son temps à se focaliser sur les visages inquiets et traqués des protagonistes, à montrer un Paris nocturne peu palpitant et un Nevers déprimant. Quant à la musique de Maurice Jarre, dont le talent n’est plus à mettre en doute, elle accompagne joliment l’atmosphère sombre de ce polar bien trop banal. Il est presque exagéré de parler de suspense tant les rebondissements de toute la première heure sont réduits à peau de chagrin.
Quant aux acteurs, on peut étonnamment regretter la relative médiocrité de François Périer, comédien pourtant bon d’ordinaire, et qui semble ici peu à l’aise en mari cocu. La vraie bonne raison de s’attarder sur l’ensemble revient à Annie Girardot, parfaite en épouse au double visage, menteuse comme pas deux, et qui rehausse le niveau plutôt bas de cette production qui n’a laissé que peu de souvenirs dans la mémoire cinéphile. Quand on songe aux oeuvres de Chabrol sur le même thème comme La Femme Infidèle ou Les Noces Rouges, il y a de quoi ne pas s’extasier devant les grosses ficelles de cette… corde raide bien tiédasse.
ANNEE DE PRODUCTION 1959/60



