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LA DENTELLIERE

A 19 ans, Pomme travaille comme apprentie coiffeuse. Discrète et timide, elle mène une vie modeste et sans histoires. Lors de vacances à Cabourg, elle fait la connaissance d’un jeune homme nommé François, un étudiant cultivé mais aussi introverti qu’elle. Leur naîveté et l’inexpérience communes les rapprochent, mais très vite leurs origines et ambitions pour l’avenir vont s’avérer de pesants obstacles…

Du roman originel de Paul Lainé, le suisse Claude Goretta a tiré un film sensible, douloureux, cruel. La Dentellière trouve son espace de lecture entre une histoire d’amour impossible et le portrait d’une jeune fille simple qui n’a pas les mots pour exprimer son ressenti, ses émotions, qui va basculer dans une sorte de vide dans lequel on ne peut l’atteindre. Goretta colle au texte de Lainé par la description modeste d’une relation sentimentale se nouant entre une toute jeune shampoineuse et un étudiant en lettres, leur attirance nait au départ de leur timidité commune, chacun introverti à sa manière et se laissant habiter par des sentiments qui les dépassent. Peu à peu, leur milieu social et le fossé culturel va les fragiliser et finir par avoir raison de leur amour. Le drame se tisse subrepticement, sans sentimentalisme appuyé, par des touches discrètes, Goretta fuyant le mélo qu’ aurait pu occasionner la rupture inexorable entre ces deux êtres. L’incommunicabilité que l’on trouvait si prégnante dans le cinéma d’Antonioni semble ici traité avec plus de « douceur », moins de sécheresse, même si au bout du compte la cruauté qui en résulte fait autant de ravages. Pomme n’a pas la capacité intellectuelle pour expulser son mal être et quand le désamour s’installe avec François, elle bascule dans une sorte de « monde à elle », une folie invisible dans laquelle elle n’a plus de porte de sortie. Goretta s’arrête avec pudeur sur des « riens » que l’on ne fixe pas facilement avec une caméra en temps normal: la réalité intérieure d’un caractère opaque, difficilement déchiffrable.

Avec ce rôle, Isabelle Huppert, qui avait déjà tourné des films avant (surtout pour des participations), se révèle complètement: petite moue boudeuse, joues rondes, tâches de rousseur, placide et si jolie, passant par plusieurs palettes de jeu et délivrant une nature d’actrice née servant le personnage de Pomme avec évidence. Sa partenaire, Florence Giorgetti, joue la copine plus volubile et extravertie, tandis qu’Yves Beneyton, vu chez Godard auparavant, incarne le jeune amoureux avec une discrétion et une retenue exemplaires. La Dentellière passe merveilleusement bien les années, conservant son émotion ténue intacte, privilégiant le ressenti à la démonstration. A l’instar du plan final: le regard de l’héroïne face caméra, à la fois perdu et dévoré par sa fragilité, pour ne pas dire sa douleur muette.

ANNEE DE PRODUCTION 1977.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Sûrement le plus connu des films du suisse Claude Goretta. Adapté du roman de Lainé, le film verse dans un drame épuré, aussi discret que son héroIne sublimement incarnée par Isabelle Huppert.

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