Krug et ses trois complices ne vivent que de violence, de sexe et de drogue. Ils tuent par sadisme, pour le plaisir. Mais en enlevant et en torturant deux jeunes femmes sorties assister à un concert, ils ne savent pas encore qu’ils seront bientôt eux mêmes les proies, puisque ils se réfugient chez les parents de l’une des victimes, déterminés à se venger…
Attention! Voici un film à ne pas mettre entre toutes les mirettes! Longtemps invisibilisé par la censure, La Dernière Maison sur la Gauche marque les débuts fracassants d’un ancien prof de philo dans un genre qu’il « gardera » toute sa carrière: le bien nommé Wes Craven, à peine âgé de 23 ans et disposant d’un minuscule budget alloué par le producteur Sean S. Cunningman, futur auteur des Vendredi 13. Par son caractère malsain et parfois insoutenable, le film décrit la virée meurtrière de quatre délinquants, séquestrant, violant et massacrant littéralement deux jeunes femmes et devient une réflexion sur le pouvoir des images: jusqu’où peut on filmer des actes ignobles et les présenter à un public même averti? Complaisamment filmées, les séquences de torture furent pour l’époque un choc absolu, correspondant ainsi à l’esprit « ténébreux » d’une Amérique engluée dans le conflit au VietNam, se permettant de montrer l’horreur frontalement, quitte à aboutir à une oeuvre « sale », dégoûtante, visée à choquer plus qu’à faire peur. Car ici, pas de suspense, c’est uniquement les actes de barbarie qui soutiennent un scénario par ailleurs quasi inexistant. Lointainement inspiré de La Source de Bergman, Wes Craven pousse le curseur de plusieurs crans et invente presque l’esthétique de la « laideur » avec un grain de pellicule granuleux typique de la décennie 70 et renforçant le côté hyper réaliste des situations. A tel point qu’on a davantage la sensation d’assister à un reportage plutôt qu’à une fiction.
Le futur réalisateur de Scream n’utilise pas de musique angoissante pour rajouter du stress, au contraire la BO est une suite de morceaux « folk » rattachés au mouvement hippie. Comme un Woodstock de l’horreur en somme! Les trois rôles principaux sont tenus par Sandra Cassel, Lucy Grantham et David Hess. Les deux jeunes femmes ne feront pratiquement pas carrière après ce film, Hess se spécialisera dans des productions du même type comme La Proie de l’Autostop, La Maison au fond du parc, Smash Cut mais restera à jamais marqué par son rôle de violeur sadique. Craven égratigne une jeunesse insouciante autant qu’il fustige une certaine bourgeoisie (les parents des victimes se comportant encore plus violemment que les psychopathes eux mêmes!) et ce premier long métrage totalement radical ferait presque passer Délivrance ou Massacre à la Tronçonneuse pour une promenade de santé!
ANNEE DE PRODUCTION 1972.



