Après trois années de mariage, Jerry découvre que son mari Ted est infidèle. Estimant qu’il est tout à fait dans l’ordre des choses qu’elle prenne à son tour un amant, elle s’engage sur le chemin de la séparation, n’arrivant toutefois pas à oublier ses sentiments conjugaux.
Les tout débuts du parlant à Hollywood ont permis l’émergence d’auteurs/réalisateurs à l’écriture acérée et qui méritent que l’on salue encore aujourd’hui leur talent. Robert Z.Leionard dépeint avec La Divorcée un milieu pruche de celui de Scott Fitzgerald (opulence, belles toilettes, appartements cossus, voitures de luxe roulant à vive allure): on baigne dans un style de vie un peu insouciant, où l’héroïne va faire l’expérience la plus banale qui soit: apprendre que son mari la trompe. Le film pose la question du changement inévitable de sentiments après la trahison: l’épouse bafouée se voit incapable de passer l’éponge et songe donc au divorce. Le film traite avec subtilité l’effondrement de ce mariage, la blessure éprouvée par la femme qui pense qu’en prenant elle même un amant, elle va parvenir à oublier son amour déçu. Certes, le scénario ainsi raconté ne paraît pas d’une folle originalité, c’est surtout qu’il traite le sujet sans détours, sans prendre de gants et surtout se permet une liberté de ton que n’aurait sans doute pas validé le Code Hays…si le film avait été réalisé quatre ans plus tard.. Le plus audacieux étant le portrait féminin que dessine le réalisateur : celui d’une épouse qui refuse son statut de femme soumise, prend sa vie en main, défie son mari sur le même terrain que lui et sort finalement grandie.
Mariée au grand patron du studio MGM Irving Thalberg, Norma Shearer a construit sa carrière au temps du muet, obtenu de bons rôles grâce à lui et amorce là un virage attendu vers le parlant. Elle s’en sort très correctement, apportant les nuances nécessaires à cette femme trompée résolue à ne pas se laisser abattre et obtient au final l’Oscar de la Meilleure Actrice. Son partenaire Robert Montgomery trouve aussi sa place dans un casting par ailleurs sans grand caractère. Même si le final sort moins des sentiers tout tracés, La Divorcée n’en reste pas moins une œuvre à ne pas négliger.
ANNEE DE PRODUCTION 1930.



