LA FEMME ET LE PANTIN

Matteo Diaz est un homme influent qui s’éprend d’Eva, la fille de Stanislas, ancien écrivain. La jeune femme ne répond pas aux avances de Matteo qui a l’habitude que rien ne lui résiste. Il va tout faire pour attirer son attention…

L’association Marlène Dietrich/Josef Von Sternberg, débutée en 1929 avec L’Ange Bleu, s’achève sur cette adaptation d’un roman français de Pierre Louys, contant le rivalité d’un jeune homme et d’un plus âgé dans leur tentative commune d’obtenir les faveurs de la belle et insaisissable Concha. Situé dans une Espagne de pacotille, quasiment abstraite, le récit décrit la cruauté des jeux de l’amour et du désir, par sa mise en scène sophistiquée, Sternberg pousse le mythe de la femme fatale à son zénith et finalement boucle la boucle de L’Ange Bleu, où l’asservissement à l’amour entraine la déchéance non plus d’un seul homme, mais de deux!! Par son introduction sublime lors d’un carnaval à Séville, La Femme et le Pantin est filmé avec maestria, la caméra virevoltant d’un personnage à l’autre dans une ronde infernale dans laquelle l’héroîne porte un masque semblable à celui, prémonitoire, de la mort. Raconté en partie en flash backs, le film s’autorise toutes les outrances, même celle de répéter sur plusieurs séquences un thème récurrent: la femme menant l’homme par le bout du nez, n’accordant presque aucun épanchement, traçant le portrait d’une figure libre, indépendante qui ne doit rien à personne, quitte à faire souffrir. Le folklore andalou remplace la Cour de Russie de L’Impératrice Rouge, dans un noir et blanc somptueux que l’on croirait paré de couleurs criardes.

Manipulatrice, jamais sincère, presque moqueuse par moments, Concha n’a rien d’une femme sympathique, sa beauté « parfaite » lui servant d’atout majeur pour conduire la gent masculine aux confins de la folie. Et Marlène l’incarne en appuyant ses effets, engageant son jeu sur un terrain glissant (celui de la caricature), minaudant et roulant des yeux: si son charisme crève l’écran, Sternberg ne semble pas l’avoir dirigé vers la nuance. Ses deux partenaires, Lionel Atwill et César Romero, paraissent aussi ternes que possible, ce qui dans un sens sert le propos du film. Cette septième oeuvre en commun, aux accents funèbres, annonce clairement la rupture entre Sternberg et sa muse. Marlène ne sera plus jamais aussi amoureusement filmée par la suite.

ANNEE DE PRODUCTION 1935.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Ultime tour de piste pour le tandem Sternberg /Dietrich. Intrigue adaptée de Pierre Louys insistant sur la cruauté d'une femme ne se donnant jamais. On peut préférer d'autres films du duo, il n'empêche que la mise en scène en jette! Marlène en fait des caisses et pourtant, elle dépote!

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