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LA FEMME QUI EN SAVAIT TROP

En Iran, Tarlan, une professeure de danse à la retraite, est témoin d’un meurtre commis par une personnalité influente du gouvernement sur une femme dont elle était proche et qu’elle considérait un peu comme sa fille. Elle le signale à la police qui refuse d’enquêter. Elle doit alors choisir entre céder aux pressions politiques ou risquer sa réputation et ses ressources pour obtenir justice…

Entre drame social et thriller feutré (tout en étant malgré tout tendu), ce film de l’iranien Nader Saievar a été écrit en collaboration avec le plus « connu » Jafar Panahi, au moment du mouvement Femmes, Vie, Liberté qui s’opérait dans le pays pour s’opposer au gouvernement en place. Tourné dans la quasi clandestinité, La Femme qui en savait trop rappelle déjà par son titre fort le maitre du suspense (Hitchcock) et celui du fantastique (Mario Bava). La comparaison s’arrête là, puisqu’ici il est question de dénonciation d’une justice fantoche, d’un patriarcat lourdement installé et d’une police complaisante avec la violence masculine. L’héroïne, une sexagénaire déterminée à ne pas rester figée dans le silence, voudrait faire condamner un homme protégé par ses hautes fonctions politiques et qu’elle accuse de féminicide. Saievar a recours à une mise en scène réfléchie et sèche pour accréditer son propos, décrire les rouages de la dictature dans le quotidien des femmes, leur combat muet et pourtant bien réel pour ne pas « céder » aux pressions. L’intrigue semble essentiellement policière, cependant le traitement est foncièrement politique et engagé, un peu comme l’était le superbe Graines du figuier sauvage ou le terrible Les Nuits de Mashaad. Au menu, pas de mélodrame gratuit ni d’humour sous jacent, par contre la pirouette finale introduit une bonne dose d’espoir, à travers la danse de l’insoumission réalisée par la fille du « coupable » sous ses yeux ahuris et scandalisés.

Chaque plan ou presque est porté par une comédienne au visage à la fois doux et dur, aux traits marqués par les ans, racontant une histoire, celle d’un Iran fatigué par des décennies d’injustice: Maryam Boubani, investie à 200% semble vivre son rôle comme si sa vie en dépendait. Nader Saievar évite soigneusement de se limiter à une cause féministe par ailleurs légitime, il entraine son film vers une porte de sortie où l’on sent un vent de révolte souffler, et les images du générique de fin sont logiquement empruntées à des archives réelles du Mouvement de 2022, ajoutant une note quasi documentaire à ce long métrage à ne pas manquer.

ANNEE DE PRODUCTION 2025.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Co écrit avec Jafar Panahi, ce drame policier à forte teneur politique distille un vent de révolte féminin très appréciable et montre un Iran toujours plus englué dans ses lois islamiques totalitaires. L'actrice Maryam Boubani est merveilleuse de densité.

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