Le monstre de Frankenstein n’est pas mort dans l’incendie. Son créateur non plus. Ce dernier, contraint par le Dr Pretorious, un autre savant fou, décide à présent de créer une femme afin que le monstre ait une compagne…
Quatre ans après un premier épisode rentré dans la légende du 7e art, Frankenstein fait son retour pour une suite évidemment très attendue. Avec aux commandes toujours James Whale sans doute plus inspiré encore avec un scénario moins schématique, plus consistant que le premier, qui laisse cette fois la place à de la poésie et même à de l’humanité. En parant le personnage du monstre de sentiments quasi humains ( il apprend même à parler, à toucher, à avoir un semblant de communication), en faisant des deux savants associés des êtres aussi insensés et décidant de creer une autre créature, féminine, afin d’achever leur œuvre scientifique démentielle. Avec un budget confortable alloué par le studio Universal, Whale soigne d’autant plus ses décors, ses plans, ses effets visuels et offre ainsi de belles séquences telles que celle de la rencontre entre le monstre et sa dulcinée ou celle de l’amitié naissante avec un aveugle mélomane solitaire. D’un point de vue plastique, le film dépasse l:original par une mise en scène inventive (travellings, contre plongées) sachant doser la terreur et le romantisme.
On retrouve les mêmes acteurs, Colin Clive pour le rôle du savant et Boris Karloff dans celui du monstre, cette fois expressif, montrant même sa souffrance d’être aussi repoussant pour autrui. Elsa Lanchester, épouse à la ville de Charles Laughton, entre dans la peau de la créature féminine recousue de partout et bénéficie du maquillage élaboré par les soins de Jack Pierce, un ponte en la matière. L’aspect conte pathétique l’emporte sur le fantastique, ce qui explique que cette suite soit rentrée directement dans les oeuvres les plus envoûtantes du genre.
ANNEE DE PRODUCTION 1935



