LA FILLE A LA VALISE

Aida rompt le contrat qui la liait à un groupe de musiciens pour suivre Marcello. Cependant, le jeune homme l’abandonne en chemin. Aida retrouve sa trace et rencontre du même coup son jeune frère Lorenzo. Ce dernier désapprouve la conduite de Marcello et éprouve de la compassion pour la jeune femme. La compassion va peu à peu se muer en amour…

Troisième long métrage pour le cinéaste italien assez peu reconnu, Valerio Zurlini, La Fille à la Valise ouvre la décennie 60 en se plaçant au croisement entre le mouvement néoréaliste initié par Rossellini et la Nouvelle Vague Française, parvenue deux ans plus tôt avec Godard et Truffaut. Cette histoire assez simple d’une jeune femme lâchement abandonnée par son amant et croisant le chemin du frère cadet de ce dernier se compose d’une succession de séquences où la caméra suit les va et viens de cette héroïne candide, sonnée par le poids de la désillusion, presque innocente de l’effet dévastateur qu’elle peut avoir sur les hommes. Entre la comédie dramatique et le mélo (pas mièvre), le film déroule une mise en scène influencée par Antonioni, à la différence près qu’ici, les personnages se parlent davantage, sans pour autant se dévoiler en profondeur. Le jeune Lorenzo foudroyé d’amour ne met pas son trouble en évidence avec des mots et Aida s’imagine qu’il n’éprouve que de l’amitié pour elle. Zurlini les observe dans leurs non dits respectifs, étirant parfois un peu trop ses scènes et n’évitant pas toujours certaines longueurs. L’éducation sentimentale ne va aboutir qu’à un désespoir écrit d’avance pour cette « non romance » inscrite dans l’Italie en reconstruction du pré fascisme. A noter qu’une amertume similaire sera également prégnant dans un autre très bel opus de Zurlini, Le Professeur, habité par Alain Delon.

L’ingénieuse idée du casting semble avoir été de confier le rôle titre à une jeune actrice encore en devenir (seulement quelques petites apparitions, notamment chez Visconti): Claudia Cardinale. D’une beauté singulière, elle impose un jeu « frais », sans fioritures, assumant la lourde responsabilité d’un personnage omniprésent qu’elle défend admirablement. Face à elle, Jacques Perrin, au naturel confondant, endosse le personnage de Lorenzo avec une maturité impressionnante pour ses 20 ans à peine. Qu’on ne s’y trompe pas: malgré des images baignées de soleil et d’une musique pop italienne acidulée en fond sonore, La Fille à la Valise décrit la condition de la femme de façon mélancolique et sans nous noyer d’émotion, réussit à nous rendre attachant ce couple « empêché » de se concrétiser.

ANNEE DE PRODUCTION 1962.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

En dépit de quelques réserves, ce 3e film de Zurlini confirme son appétence pour un cinéma mélancolique, tout en ne sombrant pas dans un mélo gratuit. Claudia Cardinale est superbe et Jacques Perrin la seconde avec un vrai tempérament.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

En dépit de quelques réserves, ce 3e film de Zurlini confirme son appétence pour un cinéma mélancolique, tout en ne sombrant pas dans un mélo gratuit. Claudia Cardinale est superbe et Jacques Perrin la seconde avec un vrai tempérament. LA FILLE A LA VALISE