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LA FUREUR DE VIVRE

Los Angeles, 1955. Jim, un jeune garçon désaxé, se retrouve au commissariat pour ivresse sur la voie publique. Il y rencontre Plato, un jeune garçon perturbé psychologiquement et Judy, une lycéenne dont il tombe amoureux. Mais cette dernière est l’amie de Buzz, un chef de bande qui sème la terreur dans le quartier et qui va défier Jim. D’abord au couteau, puis dans un pari stupide…

Avec son attirance spéciale pour les marginaux et les tourments de la jeunesse, Nicholas Ray (réalisateur écorché vif se pliant difficilement aux exigences d’Hollywood) se lance dans le projet de La Fureur de Vivre pour dépeindre justement le mal être des adolescents en marge de leur famille qui ne les comprend plus et ne sait pas les aimer comme il faut. Il décrit leurs dérives (alcool, drogue, violence) et explique leur comportement par un besoin viscéral d’exister, de se trouver un but à atteindre. Ray utilise son lyrisme bien connu pour écrire ce script dramatique dans lequel il souhaite donner la parole à une jeunesse meurtrie dans une Amérique souveraine où elle n’a pas sa place: il leur redonne l’importance vitale que leur pays a eu tendance à leur retirer. Certes, on pourra toujours trouver que cette critique envers des parents démissionnaires ou trop névrosés eux mêmes a pris quelques rides, pourtant en son temps le film a profondément marqué les générations. Essentiellement constitué de séquences nocturnes, La Fureur de Vivre trimballe une fatalité pesante sur ses personnages, une vision bien sombre de leur avenir, et le Technicolor alors en pleine vogue vient à peine illuminer ces parcours brisés (le blouson en cuir rouge de Jim tranche d’ailleurs intensément avec le noir de la nuit). Ray évite les poncifs attendus autour du désarroi adolescent et signe un poème d’amour tragique avec à sa tête la toute nouvelle star masculine, révélée quelques mois plus tôt par Elia Kazan.

James Dean vient de s’illustrer dans deux rôles (A L’Est d’Eden et Géant) et Ray ne vient que confirmer toute l’aura du jeune acteur de 24 ans à peine, à la sauvage présence, jouant à l’instinct, méthode Actor’s Studio à l’appui, et belle gueule de rebelle au regard blessé. Il incarne la solitude et le désespoir de ces jeunes en manque d’idéaux, ici déçu par un père faible et une mère castratrice. Natalie Wood, dont c’est le second rôle important après La Prisonnière du Désert de Ford,  campe la petite amie hyper sensible dont les gouffres intérieurs se creuseront encore davantage dans La Fièvre dans le Sang. Enfin, Sal Mineo, tout jeune acteur ouvertement gay, explose dans le rôle du copain désabusé: une référence dans la catégorie des vedettes éclairs mi homme mi enfant, victime de son innocence meurtrie. On peut parier que même sans la mort brutale de Dean quelques semaines avant la sortie, ce film aurait de toutes façons connu un succès identique, au vu de ses innombrables qualités.

ANNEE DE PRODUCTION 1955.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un classique du cinéma américain: réalisation inspirée de Ray, script touchant sur la jeunesse rebelle, et James Dean dans son 3e et dernier rôle, d'une liberté de jeu incroyable.

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