La tribu des Ulam charge Naoh, Amoukar et Gaw de rapporter ce feu magique qu’ils ne savent pas produire. Cette quête marque le début d’aventures et de rencontres pour les trois hommes. Naoh parvient à le voler à une autre tribu, les anthropophages Kzamm, qui détiennent prisonnière Ika. La jeune femme s’enfuit avec Naoh et ses comparses, et les mène jusqu’à sa propre tribu, les Ivaka, fort avancée en toutes choses.
Avec Coup de tête et plus encore avec La Victoire en chantant, Jean Jacques Annaud s’était taillé une solide réputation de réalisateur lorsqu’il mit sur pied ce projet de faire une oeuvre entièrement sans dialogues, uniquement basé sur son imaginaire pour recréer les temps très lointains de la Préhistoire. Il nous plonge dans une expédition d’aventures où l’on croise mammouths, singes, ours et tribus d’hommes primitifs sans que l’on se pose la question de la véracité: Annaud donne une vision toute personnelle de comment il imagine l’aube de l’humanité et il n’essaie pas d’être le plus vraisemblable possible, il cherche surtout à divertir, à montrer combien la quête du feu était la seule raison de vivre des premiers hommes, combien leur survie en dépendait. Anthony Burgess a inventé une langue primitive avec laquelle les personnages « communiquent » entre eux, un faux langage universel que l’on ne comprend pas, mais qui est censé relier ces êtres entre eux. La qualité des images tournées en extérieur, notamment en Ecosse et au Kenya, ajoute une valeur certaine à ce faux « documentaire » ethnologique, la gestuelle et les grognements des acteurs demeurant les aspects les plus importants du récit. Annaud décrit le danger de la nature hostile, la lutte entre les deux tribus, le besoin de se nourrir et de sauver sa peau. Seuls quelques trucages ont hélas un peu vieilli, comme les troupeaux d’éléphants maladroitement « déguisés » en mammouths et les maquillages plutôt sommaires.
Sous les prothèses et les « costumes » d’hommes des cavernes créés par Penny Rose, les principaux comédiens comme Everett Mac Gill, Rae Dawn Chong ou le plus connu Ron Perlman, qui sera plus tard le célèbre HellBoy, jouent donc surtout de leur forte présence physique. Sans absolument tomber dans l’étude scientifique exacte, le réalisateur du Nom de la Rose offre une oeuvre de fiction d’abord, vulgarisant certes la Préhistoire, utilisant autant les éléments du conte que des mythes tenaces que l’on a toujours connu au sujet des origines de l’Homme et a conquis un large public (7 millions d’entrées), avant de remporter les Césars tant convoités de Meilleur Film et Réalisateur. Pas mal pour un projet si atypique auquel personne ne croyait au départ!
ANNEE DE PRODUCTION 1981.



